Sommaire n°2 - Mai 2022 :

Majorque : au dessus la plage, les sentiers. Lire l'article

Qu’est que la R-Value ? Lire l'article

Raymond Rando fait demi-tour. Lire l'article

Porte-Folio : Gavarnie en hiver. Lire l'article

 

 Majorque :

au-dessus la plage, les sentiers 

 

Pourquoi y aller ?

 

Majorque vous évoque-t-elle seulement le soleil, les plages et des côtes bétonnées ? Ce serait bien réducteur. Des montagnes surplombant la mer, des criques aux eaux turquoises, de superbes villes et villages, des œuvres d’artistes du 20ième siècle et d’aujourd’hui. Il y a de quoi faire !

C’est aussi une belle destination de randonnée à l’automne et au printemps. Le beau massif de la Serra Tramuntana ne culmine qu’à 1400 m, mais quand on part du niveau de la mer, ça peut faire tout de même de belles grimpettes.

 

L’île se prête bien à un séjour mixte, moitié randonnée, moitié visites et flânerie. On peut s’y balader en évitant largement les côtes bétonnées surpeuplées. De notre côté, on a partagé notre temps entre rando dans la Sierra Tramuntana, visite de Palma, et visite du nord de l’île.

Et puis, on y mange bien : poissons, fruits de mer, tapas, il y a le choix. Le vin majorquin est plutôt puissant mais chacun ses goûts…

 

 

Quelles randonnées à Majorque ?

 

La principale zone pour randonner est la Serra Tramuntana. Ce massif occupe tout l’Ouest de l’île. Le GR 221 le traverse.

  • Nous avons fait environ les 2/3 du GR221 de Valdémossa à Pollença en 3 grosses journées. Je vous recommande les 2 premières : J1: Valdémossa, Deia, Soller et J2: Soller, Fornaltux, Lac de Cuber, Monastère de Lluc. Vous y découvrirez de beaux villages, des terrasses aux murs de pierres sèches, des champs d’oliviers, d’orangers, de citronniers, et aussi des sommets arides avec de superbes vues sur la côte.

  • Je vous déconseille la dernière journée, du Monastère de Lluc à Pollença (longue rando en forêt, agréable mais sans vue, puis 8 km de plat parfois sur du bitume, pas agréable).

  • Il peut être sympa également de faire 2 jours de rando autour de Soller, le point de départ idéal pour découvrir les plus beaux paysages.

  • Depuis Valdémossa, il est possible de faire une randonnée en boucle d’une journée, empruntant une partie de notre circuit Valdémossa-Déia.

  • Autour de Pollença : quelques randos en aller-retour vers la côte ou vers les petits sommets voisins.

 

 

Quelques infos pour randonner :

 

Cartes et sentiers :

  • Le GR221 est parfois parfaitement balisé (piquets de bois et panneaux d’indication) mais parfois le sentier n’est signalé que par quelques cairns. Et un cairn ne signifie pas forcément que vous êtes sur le bon chemin… Il est donc nécessaire pour les grandes randonnées d’avoir une bonne carte et une boussole.

 

 Quand y aller :

  • Pas l’été ! La chaleur doit être difficilement supportable. Le printemps et l’automne sont les meilleures périodes. En octobre, nous avons eu entre 20 et 30 °C la journée.

 

 Comment se déplacer :

  • Si vous voulez faire le tour de l’île et de petites balades : louer une voiture est certainement la meilleure solution.
  • Si vous vous concentrez sur la partie Ouest et souhaitez randonner en itinérance, comme nous, le plus simple est de prendre le bus. Ils ne sont pas toujours très nombreux mais on peut se déplacer sans problème et pour pas cher.

 

Où loger :

  • Nous avons renoncé à camper. La première raison est qu’il n’y a pas d’eau en dehors des villages ! Ensuite, en fin de journée, on se retrouve souvent près de village ou sur des terrains privés. Il n’y a qu’une seule zone de campement officielle près du monastère de Lluc.
  • Il existe 5 refuges sur l’île. Nous sommes passés près de 2 d’entre eux en octobre qui avaient l’air fermés.
  • Reste des hôtels, pas forcément très bon marchés. Il peut y avoir des prix cassés hors saison mais dans les complexes côtiers… que vous éviterez si vous cherchez la nature. Voici, les adresses les plus économiques que nous ayons trouvés : l’hôtel Nadal à Soller, petit hôtel familial, et le Monastère de Lluc.

  

Après la rando, à voir :

  

Palma de Majorque :

Capitale de l’île et point d’arrivée. Une ville qui mérite le déplacement. Le vieux quartier est particulièrement agréable pour flâner tout en offrant de nombreuses visites possibles. On peut y passer 2 jours sans problème.

Les ruelles étroites limitent ou empêchent la circulation automobile ce qui rend la vieille ville particulièrement paisible. Elle prend encore plus de charme la nuit sous l’éclairage jaune feutré qui semble être la norme dans les vielles villes de l’île. Les multiples placettes, où il fait bon se poser, les belles façades, les monuments et musées en font un lieu de séjour particulièrement agréable.

 

La cathédrale de Palma : C’est LE monument à visiter à Majorque ! Imposante et majestueuse à l’extérieur avec ses surprenants contreforts, elle est tout simplement magnifique à l’intérieur. Il faut la visiter le matin quand les rayons du soleil qui traversent les grandes rosaces projettent des tâches de couleurs un peu partout. Les piliers sont particulièrement fins et élancés. Les chapelles sont très diverses et certaines sont superbes. Enfin, la cathédrale de Palma mêle avec réussite l’ancien et le moderne avec le cœur conçu par Gaudi et la chapelle du St Sacrement, transformée en 2007 par l’artiste majorquin Miquel Barcelo, saisissante et insolite avec ses créatures marines jaillissant des murs.

 

Il existe de nombreux musées et monuments à visiter. Attention, les horaires d’ouverture sont parfois très limités. Nous avons visité et aimé :

  • le palais March, qui vaut aussi bien pour son architecture que pour ses œuvres : sa cour superbe « meublée » de sculptures, l’escalier et son obélisque moderne, les dessins de Dali, les cartes anciennes…

  • le musée de la Fondation Juan March qui expose joliment quelques dizaines d’œuvre d’art contemporain, dont de belles œuvres de Miquel Barcelo.

  • La Lonja, bâtiment impressionnant par ces colonnes élancées, qui abritait lors de notre visite une expo de portraits… sur le sol du bâtiment (!) ainsi qu’une sculpture qui tentait de gober une ampoule électrique…

  • Pas vu le musée d’art moderne, qui mérite le détour parait-il.

 

 

Le Nord de Majorque :

Pollença : la plus belle ville de l’île avec Palma ! Le lieu idéal pour se poser, avec sa vieille ville assez étendue et presque sans circulation du fait de ses ruelles étroites. Qu’il fait bon y flâner et s’installer aux terrasses des cafés ! Il faut monter les 365 marches du calvaire : d’abord, ça vous fera le plus grand bien, ensuite on bénéficie d’une très belle perspective sur les escaliers et d’une vue d’ensemble sur la ville et les environs, dont le cap de Formentor. Visitez aussi l’église principale et son étonnante voute peinte. Quelques randos en aller-retour à faire depuis la ville.

 

Autour de Pollença :

  • Le cap de Formentor : longue langue rocheuse qui s’enfonce dans la mer. Pas facile d’accès en bus, nous ne sommes parvenus qu’au milieu du cap, mais avec de belles vues sur les falaises et l’océan. L’occasion aussi de trouver des criques pas ou peu urbanisées pour un bain dans les eaux turquoises.

  • Cala Sant Vicenz : ne vous fiez pas au Lonely Planet : ce ne sont pas les plus belles criques de l’île, sauf si on fait totalement abstraction des clapiers à touriste qui fleurissent tout autour. Mais c’est vrai qu’en regardant vers le large, les variations bleues turquoises de la mer et les imposantes falaises de la Punta de la Troneta sont bien jolies. On peut s’y baigner si la houle ne fait pas des siennes.

  • Alcudia : réputée pour son enceinte médiévale et les vestiges de la ville romaine. Une ville à voir. Alcudia a toutefois moins de charme que Pollença : on peut y faire une halte agréable, mais pour séjourner quelques temps, je vous conseille plutôt Pollença. Il faut se balader sur les remparts pour profiter la vue sur les toits et sur les environs. L’église est à visiter avec sa chapelle latérale et son étonnant chevet percé, derrière lequel passe le déambulatoire. Enfin, les vestiges romains méritent une visite, qu’il faut compléter par celle du petit musée (même ticket) situé dans la vieille ville qui permet de voir des maquettes reconstituant les lieux ainsi que des objets et sculptures trouvées lors de fouilles.

  • Port de Pollença : côte bétonnée qu’on peut éviter sauf pour changer de bus. On peut s’y baigner mais ce n’est pas le meilleur coin.

  

 

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Qu’est que la R-Value ?

 

Il est question de matelas, gonflable, mousse ou autogonflant, et d’isolation. La R-Value mesure la capacité d’isolation thermique d’un matelas par rapport au sol. Attention, un matelas bien isolé ne vous tiendra pas chaud mais diminuera la perte de chaleur de votre corps vers le sol.

Je vous explique comment on la mesure et comment l’utiliser.

En introduction, ce petit schéma qui résume comment on peut perdre de la chaleur par le sol :

  

La petite histoire :

 

Pendant des années, chaque fabricant (Therm-a-Rest, Sea-to-Summit, Nemo, etc…)  affichait « SA » R-value, une évaluation maison de l’isolation du matelas sur des bases non connues et non communes, ce qui ne permettait pas vraiment de comparer les matelas d’une marque à l’autre.

En 2020, les principaux fabricants se sont mis d’accord pour appliquer une norme commune (proche de la méthode utilisée par Therm-a-rest). Les différents matelas sont désormais comparables sur ce critère d’isolation.

   

La norme encadrant la R-Value :

 

Son petit nom est la norme ASTM F3340-18 Standard (ISO8302). Les matelas de randonnée sont testés par des laboratoires indépendants selon les procédés et conditions définies par la norme (température ambiante, pression exercée sur le matelas, niveau de gonflage).

 

Concrètement, le matelas est placé entre deux plaques dans une chambre à 4°C :

  • Au-dessus une plaque chaude avec un maintien de température de 35° pour simuler le corps humain. Cette plaque maintient une pression constante sur le matelas.
  • En dessous une plaque froide avec une température maintenue à 5° pour simuler le sol.

Des capteurs dans la plaque du bas mesurent l’énergie nécessaire pour maintenir la température constante.

 

Il en résulte une classification d’isolation croissante de 0 à 6.

A noter que les R-Value s’additionnent :

un matelas mousse R 2.0 + un matelas gonflable R 3.5 = un total R de 5.5

   

Chaque marque a l’habitude de présenter l’interprétation des résultats à sa façon :

Nemo :

 

Sea To Summit :

 

  Thermarest :

  

Sur la boutique RayonRando, nous proposons un premier tri plus simple pour choisir plus facilement (cf la conclusion de l’article).

  

Isolation, un peu de technique :

2 éléments permettent l’isolation d’un matelas :

  • La présence de plusieurs compartiments cloisonnés et donc de plusieurs masses d’air indépendantes.
  • La présence d’un isolant spécifique : pour les matelas gonflables, cela peut être un film aluminisé ou un garnissage de type Primaloft ; pour les matelas autogonflant, mousse plus ou moins isolante.

   

Comment utiliser de la R-Value?

Au-delà de l’indice précis, il faut surtout se demander « ai-je besoin d’un matelas isolé » ? 

 

Pour moi, une isolation spécifique du matelas présente un intérêt dans plusieurs situations :

  • Un bivouac sous tente par temps froid (ou froid et humide), pour compléter l’isolation du sac de couchage.
  • Et plus particulièrement, un bivouac sur sol froid (et humide), donc plutôt en hiver, bivouac sur la neige, mais aussi pays nordique ou haute altitude sous tente ou sur sol brut.
  • Pour une personne frileuse, qui a des doutes sur l’isolation de son sac de couchage. Attention toutefois, un matelas isolé ne compense pas un sac de couchage insuffisamment chaud.

 

Dans les autres cas, le matelas isolé a moins d’intérêt, en particulier, pour les bivouacs de montagne en été, et encore moins si vous dormez sous abri plutôt que sous tente. Personnellement, je n’utilise pas de matelas isolé, car mon usage est estival et je n’ai pas à faire face aux conditions évoquées ci-dessus. Par contre, la plus-value d’un matelas isolé est plus nette si vous avez un usage 4 saisons.

Enfin, pour une situation de froid imprévue, pensez à étaler votre couverture de survie sous votre matelas pour couper le froid venant du sol.

   

En conclusion :

 

D’une façon générale, avant de se poser la question de l’isolation d’un matelas, il faut d’abord s’assurer qu’on a un sac de couchage adapté au besoin. C’est lui qui vous tiendra chaud, pas le matelas.

Le besoin est ensuite un croisement entre les conditions de bivouac, en particulier froid / humidité du sol, et de la sensibilité de la personne.

Retenez aussi qu’un matelas isolé peut aussi bien être utilisé par temps chaud car comme on l'a dit plus haut, le matelas ne crée pas de chaleur il isole du sol.

Pour info, sur la boutique de RayonRando nous proposons un 1er tri entre les matelas à moins de 2.5 de R-Value et ceux à partir de 2.5 :

  • Si vous n’avez pas spécifiquement besoin d’isolation (été, sol sec), choisir un indice de 1.5 ou de 2 ne change pas grand-chose.
  • A partir d’une R-Value de 2.5, nous considérons que l’isolation est significative sur les sols froids et humides. Pour les conditions très froides, les matelas les plus isolants atteignent une R-Value de 6.

  

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  Raymond Rando fait demi-tour.

Raymond Rando ! Derrière ce nom de super héros se cache un être de chair et de sang : un randonneur ! Costaud mais sensible, courageux mais pas téméraire, il partage volontiers ses expériences. Car en chaque randonneuse et randonneur, il y a un Raymond Rando qui cherche sa voie...

 

Aujourd’hui, Raymond Rando fait demi-tour :

 

Surmontant ma pudeur naturelle, j’ai décidé aujourd’hui d’évoquer un sujet tabou en randonnée : faire demi-tour. Oui, à moi aussi, ça m’est arrivé. Et pas qu’une fois…

  

Quelques demi-tours, bifurcations et changements de programme :

  

Je ne vous dirai pas tout mais voici quelques exemples où j’ai décidé de faire demi-tour et de changer d’itinéraire :

  • Au Tyrol, le parcours superbe emprunte un couloir rocheux câblé. Arrivés en vue, c’est en fait un mur de neige très raide qui recouvre rochers et câble. Pas équipés, on bifurque.

  • Dans les Dolomites, on doit gravir et traverser un de ces superbes massifs rocheux en forme de bloc. De loin, on voit très bien le bel orage justement bloqué par le massif ; on reste en bas et on contourne.

  • En Islande, c’est le paradis, hormis le vent. Ca souffle tellement fort qu’on doit s’abriter derrière un talus. On a, juste après, un beau sentier de crête. Décollage immédiat ? Tant pis, demi-tour.

  • Dans les Picos de Europa, c’est la cuisse de mon camarade qui ne veut plus suivre. Cette fois-ci le trek est terminé.

  • En Norvège, sous la pluie, dans la neige, ma compagne, en transie de froid, n’avance quasiment plus, ce qui nous mets à environ 25 heures de notre bivouac du soir. On descend au plus vite vers un chemin carrossable, où une voiture nous sauve la mise et nous ramène vers notre parcours. Une journée de repos et on repart en forme sur un parcours un peu modifié.

  • En Corse, cette fois c’est avant le départ qu’on apprend que le cirque de la Solitude et la brèche de Capitello de sont interdits pour cause d’enneigement excessif. On revoit complètement notre parcours initial.

  

 

Les mauvaises raisons pour ne pas faire demi-tour :

 

Et pourtant, faire demi-tour, je n’en ai pas envie !

D’ailleurs, les mauvaises raisons pour ne pas faire demi-tour, il y en a :

  • Mon égo : par rapport à moi, par rapport aux copains ou à ceux qui m'accompagnent. De quoi j’aurais l’air ?
  • L'auto manipulation : « On est trop engagé pour abandonner ! ». Comme si le danger qui se présente doit être relativisé au regard des efforts précédemment réalisés et du temps passé pour arriver jusqu'ici.
  • Le respect du « Programme » : « J’ai dit que je ferai le GR20, je ne vais tout de même pas prendre une variante. Et puis, on n’aura pas le temps de tout faire! ».

  

 

Bien gérer l'art du demi-tour (et son évitement) :

 

Oui, on y arrive! En travaillant quelques points :

  • L’état d’esprit : un parcours est un parcours prévisionnel pas une obligation impérieuse pour réussir sa vie. N’oublie pas : tu es en vacances ! Il suffit parfois de réduire une journée, pour récupérer et repartir du bon pied. Et la variante, plus sûre et moins fréquentée, peut être sympa aussi.

  • Identifier le danger quand il s’annonce : passages difficiles, météo menaçante ou incertaine, état de forme d’un des randonneurs, équipement pas adapté aux conditions ou casse de matériel. Une bonne idée : parler aux gens qu’on croise pour savoir ce qui nous attend.

  • Anticiper : envisager les aléas possible (outre les dangers identifiables, il y a les impondérables : météos, méconnaissance du terrain, de sa forme, de l’expérience de ses partenaires). Etudier les solutions alternatives, variantes ou itinéraire bis. Une suggestion : il est intéressant d’avoir une carte papier, qui donne une vision large du massif et des chemins possibles, plutôt qu’un parcours tracé sur GPS.

 

Bref, faire demi-tour quand il faut c’est peut-être le secret des vacances réussies. Et la garantie d’envisager sereinement la randonnée suivante.

 

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  Porte-Folio :
Gavarnie en hiver

 

Dans le RayonRandoZine n°1, nous vous parlions des cirques des Hautes-Pyrénées comme Gavarnie, Troumouse et Estaubé.

Je vous recommandais Gavarnie en Hiver.Voici quelques photos.

 

 

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A suivre :

Voici ce qu'on vous prépare pour le prochain numéro :

  • Randonner autour de Briançon
  • Chaussures basses ou hautes?
  • Régler son sac à dos