Sommaire n°1 - Avril 2022 :

Quels cirques! (Troumouse, Estaubé, Gavarnie). Lire l'article

Cape de pluie ou veste de pluie? Lire l'article

Livre : Raymond Maufrais : l'aventure pathétique. Lire l'article

 

  

   Quels cirques! 

Troumouse, Estaubé, Gavarnie

Si pensez Hautes-Pyrénées, vous pensez forcément à ses fameux cirques. Gavarnie, me direz-vous ? Oui, mais pas seulement. Ils sont 3 voisins : Troumouse, Estaubé, Gavarnie, immenses murailles rocheuses adossées à la frontière espagnole.

Allez-y au spectacle, avec toute la famille. Voici ce qui vous attend.

 

Gavarnie : le magnifique surpeuplé

 

Magnifique ! Superlatif mais pas excessif, le cirque de Gavarnie est vraiment l’un des plus beaux cirques glaciaires qui soit. Patrimoine de l’Unesco, la muraille rocheuse couronnée de sommets à plus de 3000 m forme un arc superbe. La beauté minérale est réhaussée par la présence de l’eau , le joli gave en fond vallée et bien sûr la fameuse cascade de 422 m. Bien plus haute que la tour Eiffel donc, on l’admire de loin, on la savoure de près (car on profite des embruns selon le vent).

En plus, la balade est facile, assez courte, accessible aux familles. On en prend plein les yeux sans gros effort.

 

Surpeuplé ? L’accès routier facile et ce qu’on vient d’évoquer en font une balade incontournable pour toute personne qui passe à proximité. De ce fait, les parkings (payants) peuvent être complets assez tôt en été, et on ne se sent jamais seul sur le parcours. Cela reste toutefois fluide et agréable du fait de la largeur du chemin. Et le dimensionnement des parkings empêche une fréquentation trop dense.

 

Je vous propose toutefois plusieurs astuces pour vous échapper au flux principal :

  • Venez tôt en été. Soyez au parking le plus tôt possible et avant 9 h.
  • Faites une boucle. Il faut impérativement monter par le chemin principal qui permet de profiter pleinement de la vue spectaculaire. Mais pour le retour, vous pouvez emprunter le chemin de droite à l’Hôtellerie du Cirque (quand vous revenez de la cascade). Ce chemin peu fréquenté circule à flanc de paroi, parfois creusé dans le rocher, avant de redescendre par la forêt jusqu’au point de départ. Ne pas le prendre dans l’autre sens car vous n’auriez pas les plus belles vues sur le cirque.
  • Faites le cirque de Gavarnie l’hiver. Toujours aussi facile d’accès si vous disposez de raquettes, le cirque se dévoile sous la neige et on est quasiment seul.
  • Prenez de la hauteur, en vous garant au col des Tentes et en suivant le cours chemin de crête vers le pic de la Pahule, vous aurez une vue complète sur le cirque de Gavarnie, avec en bonus la brèche de Rolland.

 

 

  

 

Troumouse : le démesuré discret

 

S’il n’avait son voisin prestigieux, le cirque de Troumouse aurait certainement une plus forte notoriété. Son diamètre de 4 km en fait un des plus grands cirques d’Europe. Quand on est dans les prairies au cœur du cirque, son demi-cercle parfaitement dégagé offre une vue saisissante.

 

Pour en profiter pleinement, il faut un peu plus de temps qu’à Gavarnie, mais la randonnée est accessible pour une famille de marcheurs. Je vous suggère de faire une boucle au départ du parking situé près de la chapelle de Héas (1520 m) pour rejoindre le cœur du cirque (2100 m) et redescendre à votre point de départ par l’auberge du Maillet. C’est une petite journée de balade avec pique-nique au cœur du cirque.

Il est possible de faire une balade plus courte vers le cirque de Troumouse en allant se garer à l’auberge du Maillet et en faisant un aller-retour. Toutefois, le chemin et la vue sont moins plaisant dans ce sens et je vous recommande donc la boucle complète.

 

 

  

 

Estaubé : le confidentiel charmant

 

Ne l’oubliez pas, entre Gavarnie et Troumouse se cache un troisième cirque : Estaubé.

Accessible par une petite route de montagne, le cirque d’Estaubé est le plus petit mais aussi aussi le plus paisible des 3 cirques.

Autant que le cirque, c’est la balade complète qui est charmante. On longe d’abord le lac des Gloriettes avant de remonter, le long du gave, une vallée étroite et bucolique. Elle s’élargit progressivement en dévoilant la vue sur le cirque (désolé, pas de belle photo pour cause de brouillard). La balade est facile pour une famille de marcheurs (moins de 200 m de positif) et particulièrement agréable. Ne vous en privez pas.

 

 

Les trois cirques d’un coup :

Vous partez en itinérance ? Faites les 3 cirques d’affilée : ils sont connectés par un sentier.

En partant du cirque de Troumouse, vous rejoignez le cirque d’Estaubé en passant par l’auberge du Maillet d’où part un sentier vers le lac des Gloriettes. Dans le cirque d’Estaubé, vous basculez vers le cirque de Gavarnie en passant par le col de la Hourquette d’Halans (2430 m) qui rejoint le plateau des Cardous.

3 hébergements possibles sur le parcours : l’auberge du Maillet, dans le cirque de Troumouse, le refuge des Espuguettes et le chalet de Pailla entre Estaubé et Gavarnie.

Ce circuit peut bien sûr s’insérer dans un circuit plus long, en particulier en connexion avec le parc du Néouvielle. Avec également 2 passages vers l’Espagne par la brèche de Rolland à l’ouest de Gavarnie ou par le Port Neuf de Pinède dans Estaubé.

 

Retour au sommaire.

 

 

    Cape ou veste de pluie ?

 

Enfin un débat de fond en cette période électorale. En randonnée, faut-il opter pour une cape de pluie et ou préférer une veste de pluie ? RayonRando vous apporte son éclairage.

Pour poser les termes du débat, je vous précise que je choisis l’une ou l’autre de ces 2 solutions lorsque je pars randonner plusieurs jours :

  • Soit la cape de pluie ; dans ce cas je prends également un coupe-vent léger pour me protéger simplement du vent (et du froid) quand il ne pleut pas. Mais je ne prends pas de pantalon de pluie, car la cape descend en dessous du genou, ni de housse de sac à dos, qui est déjà recouvert par la cape.
  • Soit la veste de pluie, qui me sert également de coupe-vent quand il ne pleut pas ; dans ce cas je prends également le pantalon de pluie et une housse de pluie pour le sac à dos.

 Vous le voyez, mon choix n’est pas tranché. Il dépend de ce que je vais faire.

Voici les 5 paramètres qui permettent de privilégier l’un ou l’autre.

 

La protection à la pluie :

 

On peut parler d’imperméabilité, mais aussi de respirabilité.

Pour la cape de pluie, normalement étanche, la protection est très bonne jusqu’en dessous des genoux. Le bas de jambe est mouillé, mais, d’expérience, on a froid surtout si les cuisses sont mouillées. Par contre, la cape de pluie n’utilise généralement pas une membrane respirante pour évacuer la transpiration. Cependant, son amplitude laisse passer l’air et ventile bien si vous ne transpirez pas trop. Attention, vous serez plus exposé à la transpiration si vous prenez une cape de pluie avec manche qu’un poncho sans manche (mais avec le bas des bras exposé à la pluie dans ce cas).

Pour la veste de pluie, on dispose normalement d’une membrane imperméable et respirante. C’est plus confortable de ce point de vue (respirabilité de la membrane et possibilité d’aérer plus ou moins), par contre l’imperméabilité a toujours ses limites et l’eau pourrait pénétrer si vous êtes exposé assez longtemps et à une pluie forte. Idem pour le pantalon de pluie. Un autre point faible est l’infiltration de l’eau entre votre dos et le sac à dos qui peut finir par mouiller votre sac. Tout dépend de la durée et de l’intensité de l’exposition à la pluie.

 

 

La protection au vent (et froid) :

 

La protection au vent est bien efficace avec veste et pantalon. C’est un gros plus par rapport à la cape de pluie qui offre une prise au vent importante.

Pour moi, ce paramètre est le juge de paix :

  • S’il risque de faire froid, je prends plutôt une veste de pluie et pantalon (pour l’isolation, sachant que le critère transpiration est normalement moins important dans ce cas).
  • Si ma destination peut être très exposée au vent, je prends systématiquement veste et pantalon. C’est le cas par exemple si je vais en Islande ou en Norvège.
  • Dans les autres situations, je trouve la cape plus pratique.

 

La praticité :

L’habillage / déshabillage :

Il commence à pluvioter, mais on hésite à s’arrêter pour se couvrir. Et puis soudain, ça devient urgent !

Personnellement, je trouve qu’il est plus rapide d’installer la cape de pluie, car une seule pièce à enfiler. A noter, toutefois que c’est simple quand on est 2. Quand on est tout seul, il faut « prendre le coup » et c’est plus compliqué avec un gros sac à dos.

Pour la veste, il faut installer 3 pièces (veste, housse et pantalon). Le plus laborieux est le pantalon, surtout s’il n’est pas totalement dézippable, car dans ce cas, il faut enlever les chaussures.

Et bien sûr, c’est le même topo quand on doit se découvrir.

  

   

La liberté de mouvement :

Elle est meilleure avec une veste et un pantalon de pluie ajusté. Dans les passages raides, passages câblés, échelles, flancs de paroi, il n’y a pas photo.

 

2 autres différences :

  • Par temps changeant, on peut facilement ouvrir ou fermer la veste sans la retirer, voire utiliser la ventilation sous les bras si elle existe. C’est plus pratique.
  • La cape de pluie, plus grande et moins fragile qu’une veste, me sert aussi de tapis de sol pour pique-niquer dans l’herbe mouillée par exemple, ou pour décharger mon sac à dos.

 

 

Et le poids ?

Cela dépend de votre matériel, mais tout bien pesé, la différence de poids entre les deux options n’est pas forcément déterminante :

  • Cape de pluie qualitative + coupe-vent léger = 550-700 g
  • Veste de pluie légère + pantalon de pluie léger  full-zip + housse de pluie pour le sac à dos = 700-750 g

Si on est à la chasse au gramme, c'est plutôt l'option cape de pluie qui permet d'optimiser au mieux.

  

En conclusion :

 

Entre cape de pluie et veste de pluie, la dimension confort est essentielle. C’est pourquoi, certains choisiront systématiquement l’une ou l’autre, selon leur expérience. De mon côté, j’ajuste mon choix au climat et conditions météo (vent surtout, mais froid également) ainsi qu’aux conditions de terrain (chemins de crête exposés, passage de varappe). J’aime la praticité de la cape de pluie, que je choisis plus souvent, et la protection complète de l’ensemble veste pantalon de pluie, qui a ma préférence dans les conditions plus difficiles.

 Retour au sommaire.

 

 

 

  Livre : Raymond Maufrais L'aventure pathétique

 

Ce n’est pas un best-seller de la rentrée : « Aventures en Guyane » de Raymond Maufrais a été publié pour la première fois en 1952. Pourtant, il conserve tout son attrait.

Ce qui le rend unique, c’est qu’il ne s’agit pas d’un récit d’aventure enjolivé, ni d’un témoignage revu et corrigé. « Aventures en Guyane » est le journal de bord, sans retouche, d’un aventurier qui est mort dans l’aventure. Un indien a retrouvé par hasard ce carnet quelques semaines après sa disparition.

 

Une réussite littéraire :

S'il n'était pas destiné à être publié, ne croyez pas pour autant qu'il s’agisse d'un brouillon ou d'un amas de notes. L'aventurier était aussi un excellent écrivain, précis et subtil aussi bien dans la description de son environnement que de son état d'esprit. Ce qui marque aussi c'est la franchise et la sincérité du propos.

 

L'histoire :

Nous sommes en 1949, Raymond Maufrais, 23 ans, est un jeune homme qui a participé aux combats de la Libération et déjà réalisé un périple au Brésil. Il décide de tenter une expédition inédite : rejoindre le Bresil depuis la Guyane, en traversant l’immense forêt amazonienne et les monts Tumuc Humac. Mais il tente l’aventure, sans argent, sans moyen matériel, à pied et seul.

 

Un témoignage pathétique et sincère :

Comment progresser dans cette forêt impénétrable quand on est mal équipé et qu’on doit consacrer une bonne partie de sa journée à chercher de la nourriture ? Très vite l’échec parait inévitable. Au fil du livre, on ressent à la fois de l’admiration puis une forme d’agacement face à cet aventurier qui choisit d’ignorer les écueils pourtant prévisibles et les multiples mises en gardes de tous les gens qu’il rencontre en Guyane.

Plus qu’une tête brulée, n’a-t-on pas affaire à un trompe la mort ? On finit même par ressentir un certain malaise devant cette obstination courageuse et insensée. Elle parait tellement vouée à l’échec qu’on se demande si Raymond cherche l’aventure ou s’il fuit le monde. On ne peut s’empêcher aussi de ressentir de la compassion pour cet homme qui veut y croire mais se rend compte peu à peu qu’il avance vers la mort, et qui, à bout de force, renonce à son expédition. Trop tard…

La nature même du support, le carnet de route, nous fait suivre de l’intérieur l'aventure de Raymond Maufrais, la voir se transformer en lutte pour survivre. Elle nous permet également de suivre pas à pas son évolution psychologique, exprimée sans fard, entre détermination et angoisse.

 

L’aventure désespérée de Raymond Maufrais ne restât pas sans suite : son père, Edgar Maufrais, partit à la recherche de son fils durant de longues années, prêtant foi à toutes les rumeurs de survie. Ce qui donnera lieu à un autre livre : « A la recherche de mon fils ».

 

Raymond Maufrais : « Aventures en Guyane » ; Editeur : Points

Edgar Maufrais : « A la recherche de mon fils » ; Editeur : Points

Retour au sommaire.

 

 

Votre avis nous intéresse :

Si vous avez 3 minutes, dites-nous ce que vous avez pensé de ce 1er numéro. Cela nous permettra d'améliorer les suivants : Je donne mon avis

 

A suivre :

Voici ce qu'on vous prépare pour le prochain numéro :

  • Majorque, au dessus de la plage, les sentiers
  • Qu'est-ce que la R-Value
  • Retour d'expérience : Raymond Rando fait demi-tour