Sommaire n°4 - Juillet 2022 :

Avoir de l’eau potable en randonnée Lire l'article

Tente ultra-légère ? Oui, mais… Lire l'article

Refuge et monument historique Lire l'article

Porte-folio : le Mont Thabor Lire l'article

 

 

 

 

 Avoir de l’eau potable
en randonnée

  

Trouver de l’eau potable en randonnée est parfois une vraie difficulté, soit parce que les points d’eau manquent, soit parce que l’eau accessible est non potable ou douteuse. Si on peut se priver de nourriture quelques temps, manquer d’eau durant l’effort devient très vite un problème puis un danger.

Dans cet article, je vous propose quelques idées et bonnes pratiques pour avoir de l’eau potable en randonnée.

  

  

Solution 1 : trouver de l’eau déjà potable

Solution 2 : purifier une eau « douteuse »

  

Trouver de l’eau déjà potable :

  

Le mieux, mais pas toujours le plus simple, est de prendre de l’eau là où on est relativement sûr qu’elle soit potable.

Pour trouver de l’eau potable, plusieurs pistes :

 

En montagne :

Vous ne trouverez pas d’eau traitée, mais il est possible de trouver de l’eau buvable à des endroits bien identifiables :

  • au refuge gardé. Il y a nécessairement de l’eau potable accessible. Mais seulement si le refuge est ouvert. S’il est fermé, il faut se renseigner avant.
  • près d’une cabane de berger. Si une cabane héberge un berger, il y a probablement une source d’eau à proximité. Mais ce n’est pas certain ou pas toujours visible. De plus, en l’absence du berger, la source canalisée peut être fermée et la vanne n’est pas forcément visible.
  • à une source canalisée. En général, si vous découvrez une jolie source canalisée en bord de sentier, il y a de bonnes chances qu’elle soit buvable. Je vous recommande toutefois de regarder sur votre carte ce qu’il y a au-dessus : s’il y a des alpages (donc potentiellement des animaux) ou des habitations soyez prudent et traitez l’eau.

Dans tous ces cas de figure, en cas de doute : traitez l’eau.

 

  

Près des habitations :

  • Dans un village, le débit de boisson le plus proche est le cimetière. Il y a toujours un robinet accessible pour les fleurs.
  • Près d’une maison ou d’un café, demandez simplement si vous pouvez remplir votre gourde. On ne m’a jamais dit non. En bord de route ou sur un parking, un camping-car pourrait aussi vous dépanner (avec le risque de récupérer une bière bien fraiche, mais qui ne tente rien…).

   

Purifier une eau douteuse ou non potable :

   

Le plus sûr est de puiser une eau la moins douteuse possible. Pour cela, voici les précautions à prendre avant de purifier l’eau :

A éviter :

  • Evitez les eaux stagnantes qui peuvent constituer un joli bouillon de culture. Evitez les eaux turbides ou franchement boueuses.
  • Mais évitez aussi l’eau qui sort directement du glacier : peu minéralisée et froide, elle peut aussi générer des diarrhées si vous en buvez abondamment.

A privilégier :

  • Prélevez donc de l’eau courante et aussi limpide que possible.
  • Mais pensez toujours à regarder sur votre carte d’où elle peut venir. Là encore, s’il y a des alpages ou des habitations au-dessus, ne prenez pas de risque : traitez l’eau. S’il n’y a qu’une paroi rocheuse, c’est plus sûr.

D’une façon générale, vous êtes moins exposé aux diarrhées si vous buvez une petite quantité que si vous avalez en grande quantité une eau contaminée.

 

  

 

Il faut ensuite purifier l’eau :

La purification permet d’éliminer les micro-organismes qui causent l’essentiel des troubles du système digestif. Par contre aucune filtration courante ne vous assure d’éliminer les produits toxiques. Même les filtres à charbon n’ont qu’un effet limité (ils ne filtrent que partiellement et servent surtout à atténuer le mauvais gout).

   

Je reviendrai dans un article spécifique sur la purification de l’eau dans le détail, mais il existe plusieurs méthodes :

  • Les pastilles de micropur (ou hydroclonazone). Elles font partie de l’équipement de base obligatoire, même si vous n’avez pas l’intention de les utiliser. Elles détruisent tous les micro-organismes (y compris les virus) et il faut attendre un peu avant de boire (souvent en ½ heure).
  • Les filtres à UV : pratiques pour purifier de l’eau claire, ils détruisent eux aussi les micro-organismes en 1 minute. Cela convient pour un petit volume. Ca ne fonctionne pas avec une eau turbide. C’est bien pour boire régulièrement durant la balade, mais ce n’est pas pratique si vous avez besoin de plusieurs litres d’eau.
  • Les filtres-gourde, très en vogues, ils permettent de purifier de petites quantités d’eau, sans réaction chimique, et sans délai. Ils éliminent bactéries et protozoaires mais ne vous garantissent pas totalement contre les virus. Intéressants en France pour boire durant la marche, mais pas suffisant pour les zones tropicales par exemple.

 

 

  • Les filtres mécaniques : ils permettent de traiter de plus grandes quantités d’eau, y compris les eaux boueuses, pour obtenir une eau limpide, sans bactérie ni protozoaire (avec la même réserve pour les virus).
  • En cas de gros doute, ou en zone tropicale, il faut cumuler le filtre et le micropur.
  • Le réchaud ! Faites bouillir l’eau à gros bouillon 1 à 5 minutes (selon l’altitude ou on se trouve) : ça consomme pas mal de gaz, donc c’est une solution de dépannage.

Vous n’avez rien de tout ça ? C’est mal ! Voici une astuce : vous pouvez réduire les risques en exposant votre eau, claire uniquement, dans une bouteille transparente au soleil. Comme pour les filtres à UV, l’action des UV va peu à peu détruire les micro-organismes et réduire le risque (sans doute pas totalement donc prudence).

  

En conclusion :

 

Pour avoir toujours de l’eau potable en randonnée, je vous conseille donc :

  • Anticipez : repérez sur la carte les sources, cours d’eau, refuges ; prenez un peu plus d’eau si vous pensez affronter un long passage sans eau et demandez des infos aux gens que vous croisez, aux refuges, aux bergers…
  • Soyez prudent : en cas de doute, purifiez l’eau d’une façon ou d’une autre.
  • Si vous êtes assoiffés et que vous ne pouvez pas purifier l’eau, buvez par petites quantités l’eau dont vous n’êtes pas sûr plutôt qu’un grand volume. Et changez de parcours si besoin pour rejoindre le point d’eau le plus proche.
  • Pensez que la défaillance d’une personne peut mettre en danger tout le groupe. Ne jouez donc pas avec le feu…

  

Enfin, ayez en tête que les différentes méthodes protègent des micro-organismes, qui sont le risque principal, mais pas vraiment des polluants. Cela dit, hors plaine, ce sont surtout les micro-organismes qui posent problème.

Personnellement, je pars avec une poche à eau de 2 litres plus ou moins pleine selon le besoin. Mais j’ai aussi une gourde souple d’appoint (de type Liquitainer) de secours pour prendre plus d’eau en cas de long passage à sec ou si j’anticipe un bivouac sans eau.

 

 

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 Tente ultra-légère ?
Oui, mais…

 

Le poids étant le vieil ennemi du randonneur, il est tentant de s’équiper d’une tente ultra-légère pour mieux supporter son barda. 1 kg , 1,5kg, voire moins d’1 kg. Ça fait rêver. En plus, quand c’est très léger, c’est souvent très compact, ce qui est bien agréable également.

Si les avantages ne nécessitent pas de longues explications, je veux, dans cet article, attirer votre attention sur les limites et les contraintes d’une tente de randonnée ultra-légère.

C’est en pesant le pour et le contre, qu’on s’assurera que les grammes en moins ne sont pas des galères en plus…

Vous cherchez une tente très confortable, super solide et ultra-légère ? Je crois que ça ne va pas être possible… Il va falloir trouver les bons compromis.

 
Quel compromis sur le confort ?

  

Voici quelques aspects de confort, sur lesquels il vous faudra peut-être déterminer votre niveau d’exigence minimum ou bien les points « optionnels » auxquels vous êtes prêts à renoncer si cela vous permet de gagner du poids :

  • La surface au sol de la chambre.
    A moins de 1m20 de large, il sera compliqué d’y mettre 2 matelas et 2 dormeurs sans se gêner un peu. Certaines tentes sont également plus étroites au pied (sur RayonRando.com, on vous précise si la tente est une « fausse » 2 places ne permettant pas de mettre 2 matelas gonflable standards côte à côte).
    Voulez-vous garder près de vous des affaires pour la nuit ? Dans ce cas, il vous faudra une certaine largeur ou une grande longueur.
    Prenez en compte également le gabarit du dormeur : votre voisin et sa carrure de pilier de rugby ne pourra pas se faire plus petit.

  • Le volume intérieur (la hauteur notamment). Plus c’est haut et volumineux, plus il faut de tissu et de métal, donc de poids.
    Certaines tentes légères (type tunnel notamment) économisent du poids par une faible hauteur : cela ne permet pas toujours de s’assoir ou de se changer confortablement. Si vous comptez seulement vous glisser dans la tente pour dormir, ça peut être suffisant. Si vous voulez plus d’aise pour vous abriter durant la pluie, lire, manger ou vous changer, cela peut être pénible.
    D’autres sont plus hautes côté tête que côté pieds, ce qui préserve un certain confort. Il existe bien sûr des tentes légères et spacieuses, mais dans ce cas, elles utilisent des matériaux plus fins et fragiles (cf point suivant).

  • Le nombre et la taille d’abside. Avoir 2 entrées latérales et 2 absides est bien pratique pour entrer/sortir sans se gêner et stocker ses affaires. Mais une seule abside et 1 seul zip contribue à gagner du poids. A noter que des tentes à abside unique au niveau de la tête (comme les Hogan et Taurus de Vaude) offrent souvent un volume suffisant pour stocker 2 sacs à dos et 2 paires de chaussures.

  • La protection contre les courants d’air et le froid. Il faut prendre le temps de regarder la toile intérieure (la chambre). Si elle est tout en mesh (façon moustiquaire), c’est plus léger et c’est très agréable quand il fait chaud. Mais ça laisse passer le vent, ce qui peut être désagréable par grand vent ou vent froid. Certaines toiles légères sont en mesh sur la partie haute mais ont une partie pleine en bas, parfois un peu plus haute au niveau de la tête pour un meilleur équilibre entre ventilation et protection. Si vous randonnez 3 saisons ou en conditions froides ou venteuses, cet aspect n’est pas négligeable.

  

Quel compromis sur la robustesse ?

 

La légèreté implique moins de matière. Pour cela, on peut jouer sur le volume de la tente, mais le 2ième levier est d’utiliser des matériaux plus légers et plus fins. Cela implique nécessairement une fragilité plus importante que les versions « plein poids ».

Voici 4 éléments à prendre en compte :

  • Finesse du tapis de sol. On est bien souvent sur des tapis de sol avec un indice d’imperméabilité de 1200 mm (Schmerbers). Comparé à des tapis de sol de 5000, 8000, voire 10 000 mm Shmerbers sur les tentes légères « intermédiaires », vous comprenez que cela signifie des tissus plus fins. C’est moins l’imperméabilité qui est en cause que le risque de percer le tapis (qui de ce fait prendra l’eau). Il convient donc d’être vigilant lors de l’installation : évitez les terrains caillouteux et dégager les sols avec branches, ronces ou cailloux.

  • Toile fine et coutures : pour une utilisation intensive, leur durée de vie sera plus courte que des toiles plus épaisses. Deux conditions météos peuvent fragiliser la toile : les UV si vous exposez longuement votre toile au soleil (ce sont des toiles prévues pour être repliées tous les jours) ; le vent et les fortes tensions exercées sur la toile qui peuvent rendre les coutures moins étanches à la longue. La fréquence d’utilisation et les conditions météos sont donc 2 éléments qui peuvent vous orienter vers une toile moins légère.

  • Arceaux : là aussi plus fins, ils ne sont en général pas adaptés à des conditions sévères, même si la forme et la structure peuvent permettre de mieux résister aux rafales. Pour l’Islande par exemple, il vaut mieux privilégier la robustesse.

  • Zips : en général pas de souci de ce côté en usage normal, mais les glissières peuvent moins supporter un usage intensif

 

Plus globalement, attention en cas de voyage au long cours ou d’utilisation intensive : ne faites pas de concession sur la solidité. Votre tente va morfler. Une tente ultra-light est inadaptée : vous aurez des galères. Et ce n’est pas parce que vous l’avez payée cher que ça la rend plus solide… Donc, priorité à la robustesse et prenez en soin.

 

Je vous suggère toutefois quelques parades pour limiter les compromis sur la robustesse :

  • Pour protéger le sol de la tente, emportez un tapis de sol supplémentaire, pas forcément celui spécifiquement adapté à la tente, mais par exemple une bâche légère du type Magic Carpet (que vous trouvez sur la boutique ici). Si ça vous parait trop lourd, troquez votre couverture de survie « de base » pour une couverture de survie réutilisable comme la couverture de survie Argentée Trigano qu’on propose sur le site (160 g et adaptée au multi-usage). Et bien sûr, pensez à examiner et nettoyer le terrain si besoin.

  • Pour l’étanchéité du sol, évitez de monter la tente dans un creux. Demandez-vous où s’écoulera l’eau s’il pleut.

  • Si le vent se lève, pensez à haubaner : si elles ne sont pas incluses, prévoyez 4 cordelettes et 4 sardines pour ajouter des points d’accroche en hauteur. Cela limitera le tangage et la pression sur les arceaux.

  • Pour le vent encore, cherchez un repli de terrain un peu plus abrité. A défaut, pensez à orienter votre tente pour offrir le moins de résistance au vent. S’il n’y a pas de vent ou bien un vent tournant quand vous montez la tente, choisissez l’orientation la plus sûre (plutôt dans le sens de la vallée qu’en travers).

  • Si les zips forcent, n’insistez pas : il vaut mieux détendre un peu la toile au niveau de l’abside pour que la glissière fonctionne sans forcer.

  • Enfin, pour préserver la toile extérieure, ne laissez pas planté la tente en permanence si ce n’est pas indispensable. Un été complet d’UV va cuire la toile.

 

 

En conclusion :

Vous l’avez compris, lorsqu’on choisit une tente ultra-légère, il faut être conscient de ce qu’on gagne mais aussi ce à quoi on renonce.

Si vous manquez de recul, voici mon avis personnel :

  • Pour un usage sur plus d’1 semaine, l’inconfort devient, à mon sens, un aspect assez gênant. C’est franchement pénible si vous partez pour plusieurs semaines.

  • A 2 avec une personne peu habituée au bivouac, il faut aussi un peu de confort pour préserver l’ambiance et la bonne entente.

  • Les conditions météo difficiles (vent surtout mais aussi froid et pluie) poussent à choisir une tente suffisamment confortable pour y passer plus de temps que par beau temps, pouvoir se changer et préserver un espace sec. Ces mêmes conditions poussent également à privilégier une tente certes légère, mais suffisamment costaude.

  • Pour un voyage de plusieurs mois, oubliez les tentes ultra-légères et privilégiez la robustesse.

  • Enfin, pour bivouaquer seul, les tentes 1 place sont attractives mais toujours assez exigues. Beaucoup, préfèrent une 2 places.

 

Dans les autres situations, quel plaisir de porter une tente ultra-light qui se fait oublier dans le sac à dos et apprécier au bivouac !

  

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 Dormir dans un monument historique : le Berliner Hutte

 

Personnellement, je préfère le bivouac… Mais j’ai séjourné, il y a quelques années, dans un refuge qui m’a laissé un souvenir marquant : construit à la fin du 19ième siècle, il est classé monument historique.

Plein de charme, le Berliner Hutter est un refuge tyrolien. Il faut donc aller en Autriche pour découvrir ce bel ouvrage. Il se situe sur les hauteurs, au fond de la vallée du Zillertal, à 2042 m d’altitude, non loin de la frontière italienne. Une région particulièrement prisée des randonneurs et que je vous recommande.

 

 

 

Petite et grande histoire :

 

Inauguré en 1879, le Berliner Hutte fut classé monument historique en 1997 et entièrement restauré.

Lors de sa construction, c’était un refuge ultra-moderne avec sa propre usine hydro-électrique et la première ligne téléphonique du fond de vallée du Zillertal.

Le refuge est administré par le Club Alpin Autrichien. J’ai lu sur place un fait qui mérite d’être signalé. Après l’Anschluss, le club alpin autrichien fut l’une des rares organisations à rejeter l’ordre d’expulser ses adhérents juifs.

 

 

On s’y sent bien :

 

Lambrissé de pin, c’est un lieu particulièrement cosy où vous apprécierez de vous poser après la randonnée.

La pièce de restauration avec ses 5 m sous plafond est très agréable. L’ensemble du refuge dégage une atmosphère surannée avec sa déco ancienne : on est transporté dans une autre époque. Aux murs, les trophées, accessoires et vielles photos donnent l’impression que le temps s’est arrêté.  Bref, on s’y sent bien.

Ce n’est pas une raison pour faire du sur place, il y a un beau parcours à faire autour… Nous avons poursuivi notre route par une grimpette aérienne vers le Schonbichler Horn (3134 m).

Le Berliner Hutte vous offre une étape cosy et historique au milieu d’un beau parcours alpin. N’hésitez pas à y faire une halte.

 

 

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 Porte-folio :
le Mont Thabor  

  

 

   
  
    
 

 

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