Sommaire n°5 - Août 2022 :

Comment le principe de Bernouilli gonfle votre matelas? Lire l'article

Comparatif : Hogan UL vs Hubba Hubba Lire l'article

Livre : Alexandra David-Néel, l’aventurière qui n’a pas froid aux yeux Lire l'article

Teasing : Bientôt l'Islande Lire l'article

 

Comment le principe de Bernouilli gonfle votre matelas?

 

Souvenez-vous, il y a quelques années lorsque vous terminiez fatigué votre journée de randonnée, il vous restait une petite formalité qui vous achevait : souffler dans votre matelas gonflable. Selon le volume du matelas et de vos poumons, 30 à 40 insufflations étaient parfois nécessaires. Cela dit, ça ne pouvait pas vous faire de mal…

Aujourd’hui, je gonfle mon matelas Némo Tensor en 2 insufflations… Les matelas ont-ils rétrécis ? Non. Ai-je de plus gros poumons ? Peut-être, mais ça n’expliquerait pas que ça marche aussi pour vous.

A l’origine de cette transformation ? Le principe de Bernouilli ! Non, il ne s’agit pas d’une découverte de l’année : ça date du 17ième siècle. La vraie découverte, c’est son application astucieuse voire révolutionnaire pour gonfler un matelas de rando.

Je vous révèle aujourd’hui le secret de ce petit miracle.

 

Le principe de Bernouilli, qu’ès aquo ?

 

C’est Daniel Bernouilli qui, en 1738, énonce le principe de Bernouilli.

Vous voulez la version pas claire ? « Dans le flux d’un fluide, une accélération se produit simultanément avec une baisse de la pression ».

Là, je vous sens dubitatif. Je reformule : plus la vitesse d’écoulement d’un fluide (air, eau) est grande plus sa pression est petite.

Ah bon et alors ? Et bien, s’il y a moins de pression (donc une dépression), cela crée une force. En aéronautique, c’est ce qu’on appelle la portance pour les ailes d’un avion.  Ce n’est pas le sujet du jour, mais le mouvement de l’aile crée un mouvement d’air plus rapide au-dessus de l’aile qu’en dessous. Donc l’air plus rapide du dessus connait une baisse de pression par rapport à l’air du dessous. Cette dépression « aspire » l’aile vers le haut et contribue à faire voler l’avion.

 

Comment passe-t-on de l’aéronautique au matelas ?

 

Quand j’applique ma bouche directement sur la valve d’un matelas, j’insuffle dans le matelas le volume d’air que j’ai dans les poumons et pas plus. Jusque-là, vous me suivez.

D’après le principe de Bernouilli, quand je souffle de l’air devant moi avec ma bouche, je crée un courant d’air rapide mais avec une pression plus faible que l’air ambiant. Cette dépression aspire l’air ambiant. Donc, je déplace plus d’air que je n’en ai expiré. Vous voyez l’idée ? Il faudrait que ce gros volume d’air déplacé entre dans un matelas et je le gonflerai beaucoup plus rapidement.

Si ça n’est pas encore clair pour vous, je vous propose ma petite illustration en vidéo. Réalisée à partir d’un sac poubelle :

 

Vous pouvez renouveler l’expérience chez vous, c’est bluffant !

 

Une invention Therm a Rest, copiée et surtout améliorée par les autres marques :

 

Pour passer du principe à l’application, il a fallu une trouvaille de la marque leader des matelas de randonnée : Therm a Rest.

Les 1ers matelas bénéficiant de l’innovation étaient équipés non plus d’une valve, mais d’une sorte de manchon de gonflage (c’était en 2016 avec le Therm A Rest NeoAir Camper SV). Ca fonctionnait bien, mais avec 2 inconvénients : le matelas était plus lourd et tout le monde ne comprenait pas comment procéder. Un peu galère pour certains donc…

Photos de matelas therm a rest Camper SV :

  

 

Il ne fallut pas attendre longtemps pour que les concurrents s’y intéressent. Némo et Sea to summit en particulier, trouvèrent une application beaucoup plus pratique : on garde une valve avec un clapet anti-retour sur le matelas, sur laquelle on branche un sac de gonflage. C’est ce sac qu’on gonfle puis qu’on comprime avec les mains pour pousser l’air dans le matelas. Pratique, astucieux, génial !

Une petite démonstration sur un matelas Némo (les plus aboutis de ce point de vue à mon avis) :

 

 

Les bénéfices du gonflage « Bernouilli » :

 

Le premier c’est de gonfler incomparablement plus vite son matelas. Selon le volume du matelas et le volume du sac de gonflage, 2 à 6 insufflations seulement sont nécessaires, à comparer aux 30-40 d’un soufflage direct dans la valve.

L’autre intérêt c’est qu’on souffle sans forcer : il n’y a absolument pas besoin de mettre de la pression, il faut au contraire souffler tranquillement. Donc, zéro effort quand on installe son bivouac.

C’est super rapide et reposant. 

  

  

Pourquoi personne n’a eu cette idée plus tôt ?

 

Quand on voit l’application, ça parait bête comme choux. Et sur la base d’un principe connu de longue date, avec déjà des applications concrètes.

Alors pourquoi, cette invention n’a-t-elle pas eu lieu plus tôt ? Et bien, vous m’en demandez trop : je n’en sais rien.

En rando, il y a d’abord eu les tapis de mousse, puis les autogonflants, avant l’arrivée des gonflables légers. Peut-être que la généralisation de ces matelas a suscité des réclamations de la part de randonneurs ayant moins de coffre que vous ?

En tout cas, c’est une vraie innovation avec un véritable intérêt pour l’utilisateur. Un grand merci à l’inventeur inconnu et audacieux : c’était une idée gonflée.

 

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 Comparatif :
Hogan UL vs Hubba Hubba 

  

Comparatif tente Hogan UL de Vaude et Hubba Hubba de MSR :

  

Je vous propose un comparatif entre 2 tentes de références sur le marché du bivouac : la tente de randonnée Vaude Hogan UltraLight et la tente Hubba Hubba NX de MSR.

Leurs points communs : un poids en dessous de 2 kg dans une gamme de prix similaire et un confort honorable. Je vous propose un comparatif qui vous permettra de vous orienter vers l’une ou l’autre sans vous tromper.

  

Volume intérieur, confort : avantage Hubba Hubba

  

La surface au sol de la chambre est proche : on y met sans souci 2 matelas regular et on tient allongé à 2. Il y a la largeur et la longueur nécessaire et suffisante. 

 
         Vaude - Hogan UL                                                               MSR - Hubba Hubba NX

  

Côté entrée/abside, ça se discute. La Hubba Hubba dispose de 2 entrées latérales et 2 absides, chacun peut vivre sa vie et ranger sac et chaussures sous son abside sans gêner l’autre. Par contre, le volume de l’abside est réduit. La Hogan dispose d’une porte au niveau de la tête avec un zip de chaque côté. Pour sortir, c’est un peu moins pratique mais chacun peut quand même ouvrir de son côté. Par contre l’abside est prolongée en hauteur par un brin alu : du coup elle est spacieuse au sol (pour 2 paires de chaussures et 2 sacs) mais également en hauteur. Quand on ouvre la porte de la chambre intérieure cela donne un volume plus généreux. C’est plus facile pour cuisiner et manger sous la tente par exemple. 

 

                                 Vaude - Hogan UL                                                       MSR - Hubba Hubba NX

 

Cela dit, le volume intérieur de la Hubba Hubba est sensiblement plus spacieux avec une belle hauteur de la tête au pied et des murs verticaux. On peut s’assoir pour se changer, discuter, jouer aux cartes… C’est également possible sur la Hogan UL mais avec une hauteur inégale : haute sur la première moitié, elle diminue jusqu’au pied. Seule une bonne moitié de la tente peut donc être occupée en position assise ; on est donc moins à l’aise.

 

Robustesse, conditions difficiles : avantage Hogan Ultralight

 

Côté tissus, il n’y a pas photo, les caractéristiques techniques parlent d’elles-mêmes : une imperméabilité du tapis de sol de 10 000 mm pour la Hogan contre 3 000 mm pour la Hubba Hubba, et pour la toile externe, c’est 3 000 mm pour la Hogan contre 1200 mm pour la Hubba Hubba. On est sur des tissus plus costauds sur la Hogan.

Sur la construction la Hogan UL offre également une robustesse supérieure. Les 2 tentes utilisent un système d’arceaux connectés sur une pièce de faîte en croix assure à la fois la souplesse et la cohésion de l’ensemble. Mais la Hogan Ultralight tente est bien profilée pour résister au vent là où la MSR aura plus de prise au vent.

De même, Vaude a prévu un meilleur système d’arrimage au sol : 15 sardines fournies d’office contre 10 seulement sur la MSR et des sardines cruciformes, plus solides et plus faciles à manipuler, au lieu de sardines « tiges » sur la MSR. 6 haubans sont pré-installés sur la Hogan contre 4 sur la MSR. Et, il y a quelques clips de fixation solides sur la Hogan qui solidarisent tous les éléments de la tente.

 

 

Bref, la Hogan UL sera plus résistante à la pluie et au vent. Elle a clairement été pensée pour. Par temps froid également, les tissus extérieurs et intérieurs seront également plus protecteurs, même si ce n’est pas une tente 4 saisons. Je l’ai utilisé en Islande avec de belles bourrasques.

Concernant la toile de la chambre, la Hogan offre une toile pleine qui protègera mieux du vent, là où la Hubba Hubba a une toile en partie pleine et en partie en mesh laisse passer plus de courant d’air, ce qui peut être agréable ou désagréable selon les situations (chaud/froid, humidité). La toile mesh a l’inconvénient de laisser la condensation, s’il y en a, tomber dans la chambre, là où la toile pleine absorbe et disperse les gouttes de condensation éventuelles.

 

Praticité : chacune ses atouts

 

Rangée, la Hogan UL est plus longue que la Hubba Hubba mais, si c’est une contrainte pour vous, vous pouvez la contourner en rangeant les arceaux seuls dans le sac à dos, ce qui permet de plier les toiles de façon plus compactes. Elle est un peu plus lourde également (sur notre balance : 1980 g vs 1740 g). Dans les sacoches de vélo ou caissons moto, la Hubba Hubba sera plus facile à ranger. 

 

 

Le montage est simple et rapide dans les 2 cas. Le démontage aussi. Pour la Hogan, il m’est arrivé de faire sécher le tapis de sol le matin sans enlever le jeu d’arceaux et en la dressant à l’horizontale, ce qui peut être pratique si le sol est trempé. Je ne pourrai pas vous affirmer que l’une sèche plus vite que l’autre, mais les tissus plus fins de la Hubba Hubba sèchent peut-être un peu mieux.

Je vous ai déjà parlé des portes et absides : les 2 tentes ont des avantages et des inconvénients de ce point de vue, même si la double entrée de la Hubba Hubba est bien pratique. Avantage de la Hogan UL : on peut ouvrir le double zip de la porte comme une fenêtre, pour créer une ventilation ou voir le paysage tout en restant à l’abri (cela a intéressé un chasseur d’image par exemple).  

Bref, les 2 tentes sont faciles à manipuler. A vous de voir quel agencement vous convient le mieux.

 

En conclusion : quelle tente pour quel usage ?

 

La Vaude Hogan Ultralight est la tente pour toutes les conditions et tous les usages. Vent, pluie, froid, terrain accidenté, elle est robuste et polyvalente. Son confort et sa praticité sont tout à fait correct mais me paraissent inférieur à la Hubba Hubba. Vous l’emporterez partout et serez bien à l’aise à 2, mais un débutant s’y trouvera peut-être un peu à l’étroit. Pour un usage très fréquent ou long, elle sera certainement plus robuste et plus sûre.

 

 

Hubba Hubba, la tente pour être à l’aise et passer du temps à l’abri si besoin : chacun son entrée, on peut rester assis bien à l’aise, on respire. Par contre, les matériaux plus fins la rendent plus fragile ; il faut être plus précautionneux. Sa durée de vie sera surement plus courte en usage intensif et elle ne convient pas pour l’Islande et le gros temps. Pensez si besoin à doubler le tapis de sol et tendre les haubans. 

 

Si vous randonnez seul, les avantages de la Hogan Ultralight me semblent l’emporter sur la Hubba Hubba. A 2, il y a un arbitrage à faire entre confort / praticité et robustesse.

A noter que la Hubba existe en version 1, 2 ou 3 places : Hubba, Hubba Hubba et Mutha Hubba. Pour la Hogan, il existe une version plus légère avec des tissus plus fins : la Hogan SUL. Il existe également une version avec montage de la toile extérieure en premier (avec la chambre pré-montée) : la Taurus Ultralight.

 

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 Livre : Alexandra David-Néel,
L’aventurière qui n’a pas froid aux yeux

 

Livre : « Voyage d’une parisienne à Lhassa » d’Alexandra David-Néel

 

Petit sondage : nous sommes en 1924, vous êtes dans l’Himalaya, dans le froid, la neige, et vous avez presqu’épuisé vos réserves de nourriture. Si vous tournez à gauche, vous descendez et rejoignez un village, à droite, vous remontez et trouverez peut-être les sources du fleuve Poloung Tsangpo. Qu’est-ce que vous faîtes ?

Alexandra David Néel se dit qu’il serait dommage de passer par là sans voir les sources. Et elle a bien failli y rester.

Cette anecdote d’une parisienne à Lhassa illustre assez bien ce parcours biographique : celui d’une authentique aventurière chez qui le goût de la découverte dépasse parfois l’instinct de survie.

 

L’autrice :

 

Née en 1868, Alexandra David-Néel est présentée sur Wikipédia comme : « orientaliste, tibétologue, chanteuse d'opéra et féministe, journaliste et anarchiste, écrivaine et exploratrice, franc-maçonne et bouddhiste française. » C’est moins sa courte carrière de cantatrice que ses aventures orientales qui firent sa renommée, et certainement l’association réussie d’un talent journalistique et littéraire et d’une audace aventureuse, qui s’est manifestée dès ses jeunes années.

 

L’histoire :

 

En 1924, Alexandra David-Néel a 56 ans et une vie d’aventures déjà bien remplie et une solide connaissance du monde indo-tibétain.

Accompagnée de son futur fils adoptif, le moine lama Yongden, elle décide de rejoindre et entrer dans Lhassa sous les oripeaux d’une mendiante tibétaine. La cité est alors interdite aux étrangers. Il s’agit toutefois moins d’un objectif que d’une étape dans un long voyage. Le livre retrace avant tout son périple un peu fou dans les montagnes tibétaines (mais aussi la Chine et l’Inde), où elle affronte les dangers naturels et humains sans trop broncher. Puis elle visite incognito de la cité « sacrée » où elle séjourne 2 mois.

  

Un livre de découverte et d’aventure :

 

Le style est vif et restitue l’expérience comme si on y était. On a parfois froid pour elle. Le livre assez court nous emporte loin. On découvre tout à la fois un milieu naturel abrupt et sauvage, une civilisation ancestrale et une femme de caractère.

On ne s’ennuie jamais avec Alexandra et on a l’impression à la fois de lire un témoignage historique et une aventure moderne.

Une lecture rafraichissante pour l’été.

  

Alexandra David-Néel : « Voyage d’une parisienne à Lhassa » ; Editions : Pocket

 

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 Teasing : Bientôt l'Islande 

Dans le prochain numéro, vous découvrirez : le trek du Landmannalaugarà Skogafoss en Islande.

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