Sommaire n°6 - Septembre 2022 :


Islande : trek du Landmanalaugar à Skogafoss. Lire l'article

Test : bâtons pliables ou bâtons télescopiques ? Lire l'article

Entretenir son sac de couchage en duvet. Lire l'article

 

 

 Islande : le trek
du Landmannalaugar à Skogafoss

 

L’Islande ! Voici une destination que je place à mon Panthéon des terres de randonnées.

J’ai l’impression d’y être aux origines de la terre. Un territoire tourmenté et sauvage où la lave semble pouvoir surgir à tout moment. Des glaciers, posés sur un sol noir, aux pieds desquels s’échappent des fumeroles ; des terres qui mélangent des couches improbables de rouges, verts, bleus, jaunes, comme en fait mon fils avec sa « peinture à main », des mousses fluo sur lesquelles éclosent de délicates fleurs blanches, des rivières d’eau chaude bien connues, des baignoires d’eaux chaudes bien cachées.

Bref, c’est le pied !

Vous aimez la fraicheur ? Vous trouvez les vents violents très tonifiants ? La pluie vous requinque ? Ça tombe bien, c’est exactement le temps qu’il fait en Islande lorsqu’il fait beau.  

En dehors de ces particularités climatiques, qu’il ne faut pas négliger, c’est un pays parfois rude mais toujours charmant.

Je vous propose ici le trek de référence qui vous mènera du Landmannalaugar jusqu’à Thorsmorsk (également appelé trek de Laugavegur), où beaucoup s’arrêtent, mais pour moi, ça vaut vraiment la peine de le prolonger d’une journée jusqu’à la mer à Skogafoss.

 

Les avantages :

 

  • Le trek est facile d’accès en bus depuis Reykjavik (aussi bien le point de départ que l’arrivée) ; il est situé au sud-est de l’ile et peut donc se faire même si on n’a que quelques jours.
  • Il offre une énorme diversité de paysages. On en prend plein la vue. J’en rêve encore…
  • Le parcours est bien tracé, on peut au choix bivouaquer ou loger en refuge tous les soirs.

 

Côté difficultés :

 

Côté terrain, le parcours est sans grande difficulté jusqu’à Thorsmork (sols souvent souples et dénivelés modérés). Mais il faut intégrer les points de vigilance suivants :

  • Tenir compte de la météo ; différer le départ du jour si le brouillard s’installe (gare au risque de se perdre) ;
  • Être bien équipé pour affronter tous les temps (pluie, vent, froid) : vestes et pantalon de pluie (oubliez la cape de pluie), bonnet, gants, vêtements chauds, etc… Mais aussi short (pantalon convertible plutôt) et maillot de bain
  • Intégrer qu’il vous faudra traverser à gué quelques torrents particulièrement impétueux aux eaux « saisissantes ». On cherche parfois où traverser. Prévoir des sandales d’eau.

Attention, la dernière étape entre Thormsork et la mer est moins fréquentée et plus exposée dans sa première partie : on prend un peu d’altitude, c’est plus physique, plus exposé aux intempéries (avec de grands piquets jaunes pour se repérer en cas de brouillard) et il faut traverser quelques langues glaciaires. C’est une grosse journée. A éviter si vous n’êtes pas sûr de vous ou si la météo se gâte vraiment. Certains prévoient cette étape en 2 jours.

C’est donc un trek de 4 à 6 jours.

  

Sens du parcours : il se fait en général de la terre vers la mer, donc au départ de Landmannalaugar, avec plus de descente que de montée. Mais on peut aussi le faire dans l’autre sens et passer un peu de temps à Landmannalaugar (cf juste après).

  

Départ de Landmannalaugar :

 

Vous ne vous sentirez pas seuls au camp de base, mais rassurez-vous la somptueuse rivière d’eau chaude est assez grande pour tout le monde. Le bain est un délice et vous pouvez vous déplacer pour choisir le meilleur endroit : chaud, bien chaud, très chaud ou un peu cuit… Les environs sont fabuleux et méritent une première balade.

Voici les 4 premières étapes « « classiques ». Elles permettent de rejoindre un refuge et dormir à l’abri ou bivouaquer ; Elles ne sont pas très longues mais il ne faut pas sous-estimer l’impact possible de la météo, les passages à gué et leur rituel déshabillage / rhabillage, le temps à admirer le paysage en produisant des « ouaouh ! ».

 

  • Etape 1 : Landmannalaugar - Hrafntinnusker

La palette de couleur la plus folle de tout le parcours. On aurait besoin d’un bon cours de géologie pour comprendre comment c’est possible. Et les obsidiennes noires qui brillent au soleil. Il y en a pour tous les goûts.

 
 

  • Etape 2 : Hrafntinnusker - Alftavatn 

Fumeroles, marmites bouillonnantes, mais aussi glaciers, lacs, terre noire plantée de pierres volcaniques et de fleurs improbables. Ouaouh !

 

 
 

 

  • Etape 3 : Álftavatn - Emstrur

Parmi les beautés du jour, un profond canyon multicolore qu’on longe en fin de parcours. Les glaciers à l’horizon. La « joie » renouvelée des passages à gué…

 
 

 

  • Etape 4 : Emstrur - Thorsmork

Aux environs de Thorsmork, le paysage change (encore) avec une végétation de bouleaux tout à fait inhabituelle, puis le lit de la riviere à Thorsmork, qui est large comme un delta de fleuve. Si vous avez le temps, de l’autre côté, il y a un canyon dont les parois verticales sont entièrement tapissées de verdures.

 
 

 

Dernière étape : stop ou encore ?

 

On peut s’arrêter à Thorsmork et reprendre le bus, ce que font beaucoup de gens. Mais cette dernière étape est somptueuse : une grande montée de 900 m avec un passage au milieu des glaciers, le col de Fimmvorduhals puis une descente le long de 900 m de cascades toutes plus impressionnantes les unes que les autres. On finit par l’énorme cascade de Skogafoss (62 m) et le bord de mer. C’est encore différent et tellement spectaculaire !

 

 
 

Cela fait toutefois une grosse journée de rando et c’est plus sportif et exposé que le reste du parcours pour la première partie (montée et passage entre les glaciers avec des piquets jaunes pour repérer le chemin). Certains la font en 2 jours (ce serait au total 27 km +1100m/ -1300m). Je l’ai fait 2 fois en une grosse journée à chaque fois (il faut dire que les jours sont longs).

A vous de voir…

 

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 Test : bâtons pliables
ou bâtons télescopiques ?

 

Au moment de choisir vos bâtons de randonnée, plusieurs options techniques s’offrent à vous : les bâtons pliables, les bâtons télescopiques à vis et les bâtons télescopiques à loquet.

Nous vous expliquons comment orienter votre choix entre ces 3 types de bâtons de rando en fonction de vos besoins.

Il y a plusieurs critères à prendre en compte.

 

Le poids : avantage au bâton télescopique

 

Si le poids est un critère important pour vous, parce que vous souhaitez randonner léger ou que vous trouvez agréable d’avoir des bâtons très légers en main, l’avantage va aux bâtons télescopiques :

Poids habituel d’un bâton pliable alu : 250 à 300 g ; d’un pliable carbone : 200 à 250 g

 
                             Elementerre - Lagoya                                                    TSL - Tour carbon 5 Light

 

Poids habituel d’un bâton télescopique à vis : 160 à 300 g

Fizan - Compact                              

 

Poids habituel d’un bâton à loquet aluminium : 210 à 270 g ; d’un carbone : 170 à 200 g.

 

                             Elémenterre - HOBO                                                    Raidlight - Carbon 3

 

Les bâtons télescopiques ont donc généralement l’avantage. A noter que vous vous allègerez encore en prenant un bâton de rando en carbone.

Selon moi, un écart de 30 g n’est pas déterminant au moment du choix. Quand a 100 g, ça mérite réflexion.

 

Encombrement : avantage au bâton pliable

 

Il n’y a pas photo. Une fois plié, le bâton pliable fait la longueur du plus grand brin, tandis que les 3 brins du bâton télescopique ne s’emboitent pas complètement et sont donc logiquement plus long.

Avoir un bâton court une fois plié est intéressant si vous avez besoin de le ranger dans votre sac à dos. C’est utile si vous prenez les transports collectifs et que vous ne pouvez pas garder vos bâtons accrochés à l’extérieur (et particulièrement pour mettre le bagage en soute).

A noter toutefois que nous avons un bâton de rando télescopique en 4 brins, le Fizan Compact 4, qui est lui aussi très compact une fois plié.

Enfin, j’utilise parfois une astuce dans les transports collectifs : je déboite les 3 brins de mes bâtons télescopiques pour les ranger côte à côte dans mon sac à dos, ce qui réduit l’encombrement de quelques cm.


Fizan Compact  -  Fizan Compact 4  -  Komperdell Vario compact

 

Praticité : variable selon les besoins

 

Les bâtons pliables à taille fixe sont utilisés avant tout pour le trail et peuvent aussi convenir pour les terrains avec des pentes modérés ainsi que pour la marche rapide. Mais quand il y a des pentes significatives, l’impossibilité d’ajuster la taille me parait rédhibitoire.

Les bâtons pliables à taille ajustable cumulent les atouts des différents bâtons : le brin supérieur est télescopique avec une fermeture à loquet qui permet d’ajuster sa taille d’un 20ne de centimètres en général. A l’usage, je trouve ça très pratique. Mais pour les personnes de petite taille et aimant avoir un bâton court la taille minimum reste assez importante.

Les bâtons télescopiques à vis ont plusieurs avantages. Outre qu’on y trouve les modèles les plus légers, leur taille s’adapte parfaitement à la taille et aux habitudes de la personne et à la pente. C’est sur ces bâtons qu’on peut trouver des systèmes anti-choc, ce qui peut intéresser les personnes sensibles aux vibrations ou ayant des problèmes d’articulations aux mains. Mais ils ont la contrainte du vissage/dévissage. Pour un usage intense, je vous recommande de prendre des bâtons qualitatifs (comme Fizan) : il n’est pas nécessaire de forcer pour les serrer, et leur système de serrage ne se grippe pas avec le temps. Je vous conseille également de visser les 3 brins en même temps : c’est plus rapide et ça donne un serrage uniforme. En fin, après les vacances, lavez et faites sécher les tubes pour qu’ils coulissent toujours parfaitement.

                                                   

Les bâtons à loquet permettent également d’adapter parfaitement la taille au besoin. Ils séduisent par leur facilité de pliage/dépliage. Il n’y a pas besoin de forcer et ils sont faciles à manipuler avec des gants en hiver. Il faut toutefois penser à ajuster de temps en temps le niveau de serrage de la molette fixée sur le loquet pour que les brins ne s’enfoncent pas durant la marche. Pour un usage intense, je vous recommande là aussi de choisir plutôt les bâtons assez qualitatifs (comme les bâtons TSL), le système de serrage est plus ajusté et nécessitera moins d’être resserré.

                                 

 

Fiabilité : variable selon la qualité

 

Sur les bâtons économiques, on a une solidité moindre et une durée de vie plus courte que ce soit sur les bâtons pliables ou les bâtons télescopiques. Ils conviennent pour un usage occasionnel ou un premier achat.

Les bâtons plus qualitatifs sont plus costauds, avec des systèmes de fixations plus fiables et durables.

Le niveau de prix vous donne une bonne indication du niveau de qualité (en distinguant les bâtons aluminium des bâtons carbone plus onéreux).

D’une façon générale, les bâtons des marques Fizan et TSL sont fiables, qualitatifs et génèrent rarement de SAV chez RayonRando.com.

D’expérience, on casse en général son bâton quand on le plante dans un trou et qu’on fait levier, emporté par son élan, ou encore lors d’une chute. Dans ces cas-là, tous les bâtons cassent.

 

En conclusion :

 

Le choix du type de bâtons dépend donc de vos différents usages : transport dans un sac à dos, utilisation été/hiver, rando à la journée ou trek en autonomie, usage occasionnel ou intensif.

A vous d’arbitrer entre ces différents critères.

Personnellement, j’ai une préférence pour les bâtons à vis très léger pour les treks en autonomie, tandis que je trouve les bâtons à loquet particulièrement adaptés en rando raquette. Mais j’ai la chance de pouvoir tous les tester…

 

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 Entretenir son
sac de couchage en duvet :

 

L’été est fini. Vous allez ranger pour quelques temps votre sac de couchage en duvet d’oie ou de canard. Mais vous souhaitez le nettoyer et le préserver. Mais le duvet est une matière délicate dont il faut préserver le gonflant. Voici comment procéder.

 

Le lavage :

 

Vérifier toujours au préalable les instructions de nettoyage sur l’étiquette.

Lavez votre duvet de préférence à la main. Vous êtes certains de ne pas prendre de risque. Vous pouvez le laisser tremper quelques temps pour que la lessive imprègne bien l’ensemble. Pensez à bien rincer, plusieurs fois si nécessaire.

Vous pouvez éventuellement le laver en machine mais à l’eau froide ou à basse température. Dans ce cas, lavez plutôt votre duvet seul. Choisissez un programme « linge délicat ». Vous pouvez ajouter des balles de tennis dans le tambour de façon à malaxer constamment le sac pour conserver une bonne répartition du garnissage.

Il existe des lessives spécifiques pour le lavage du duvet. Je vous conseille de les utiliser. Elles préservent le gonflant et se rincent facilement. Vous en trouverez sur la boutique RayonRando.com si besoin. Si vous utilisez votre lessive habituelle, je pense qu’il vaut mieux sous-doser.

                    

  

L’essorage :

 

Attention, en cas de lavage en machine, surtout désactivez l’essorage. Sans cela, l’essorage va agglomérer le duvet en boules. Et il ne retrouvera pas sa bonne répartition au séchage. Il est donc essentiel de vidanger la machine sans essorage et d’essorer le duvet à la main.

Essorez le duvet en le pressant mais pas en le tordant.

  

Le séchage :

 

Attention, ne suspendez pas votre duvet mouillé à un fil à linge. Là aussi, la pesanteur va faire tomber et agglomérer le duvet en boules compactes.

Vous pouvez :

  • Soit étendre votre duvet à l’horizontal sur un tancarville, si possible en plein air ; vous pouvez le secouez de temps en temps durant le séchage pour obtenir une répartition harmonieuse du garnissage.
  • Soit le faire sécher en sèche-linge, mais avec plusieurs précautions : choisissez une vitesse lente et une température modérée (en général pas plus de 30°) ; pensez à ajouter plusieurs balles de tennis de façon à malaxer le garnissage en permanence. Cela permettra de conserver une bonne répartition et de préserver le gonflant du duvet. Enfin, choisissez une durée assez courte pour surveiller le séchage et relancer un cycle si besoin.

Dans tous les cas, secouez-le après séchage pour être sûr d’une bonne répartition du garnissage.

  

Le stockage :

 

Assurez-vous que votre duvet soit parfaitement sec avant de le stocker.

De préférence, ne le stocker pas dans son sac de compression. Un sac de rangement est souvent fourni avec le duvet, mais si ce n’est pas le cas, ranger le plutôt dans un grand sac de courses ouvert, pour éviter qu’il ne reste comprimé de longs mois. Cela préservera mieux le pouvoir gonflant des plumes.

     
            Sac de rangement              Sac de compression 

  

En conclusion :

 

Pour finir, je vous conseille de ne pas laver souvent votre sac de couchage en duvet. C’est la meilleure façon de le préserver. Après un usage modéré, vous pouvez simplement l’ouvrir, le retourner et bien l’aérer. L’utilisation d’un sac à viande vous permet également de le nettoyer moins souvent, mais ajoute un peu de poids dans votre sac. Lors de vos bivouacs, pensez à l’aérer au réveil pour éliminer l’humidité corporelle et limiter la formation d’odeurs.

 

 

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