Quel sac à dos quand on est petit ?

Choisir son sac à dos pose parfois un problème de taille… Surtout quand on n’est pas grand.

Pour les personnes de petite taille, trouver un sac à dos de 10 à 20 L est assez simple. Jusqu’à 30 L, tous les sacs à dos ne conviennent pas mais c’est encore assez simple. Au-delà de 35 à 40 L, cela devient plus délicat.

Dans cet article, nous vous expliquons comment trouver un sac à dos de trek, c’est-à-dire de moyen à grand litrage, adapté à une petite taille.

Comment le principe de Bernouilli gonfle votre matelas ?

Souvenez-vous, il y a quelques années lorsque vous terminiez fatigué votre journée de randonnée, il vous restait une petite formalité qui vous achevait : souffler dans votre matelas gonflable. Selon le volume du matelas et de vos poumons, 30 à 40 insufflations étaient parfois nécessaires. Cela dit, ça ne pouvait pas vous faire de mal…

Aujourd’hui, je gonfle mon matelas Némo Tensor en 2 insufflations… Les matelas ont-ils rétrécis ? Non. Ai-je de plus gros poumons ? Peut-être, mais ça n’expliquerait pas que ça marche aussi pour vous.

Retour sur une des grosses innovations techniques de ces 10 dernières années dans l’outdoor : celle qui nous permet aujourd’hui de gonfler nos matelas vite et sans forcer sur nos poumons. 
Ce prodige semble si simple, grâce à aux sacs de gonflages fournis avec les matelas. Mais personne n’y avait pensé plus tôt… Pourtant, il repose sur un principe découvert au 18ième siècle : le principe de Bernouilli. Encore fallait-il inventer l’application pratique… 

Le principe de Bernouilli, qu’ès aquo ?

C’est Daniel Bernouilli qui, en 1738, énonce le principe de Bernouilli.

Vous voulez la version pas claire ? « Dans le flux d’un fluide, une accélération se produit simultanément avec une baisse de la pression ».

Là, je vous sens dubitatif. Je reformule : plus la vitesse d’écoulement d’un fluide (air, eau) est grande plus sa pression est petite.

Ah bon et alors ? Et bien, s’il y a moins de pression (donc une dépression), cela crée une force. En aéronautique, c’est ce qu’on appelle la portance pour les ailes d’un avion.  Ce n’est pas le sujet du jour, mais le mouvement de l’aile crée un mouvement d’air plus rapide au-dessus de l’aile qu’en dessous. Donc l’air plus rapide du dessus connait une baisse de pression par rapport à l’air du dessous. Cette dépression « aspire » l’aile vers le haut et contribue à faire voler l’avion.

Comment passe-t-on de l’aéronautique au matelas ?

Quand j’applique ma bouche directement sur la valve d’un matelas, j’insuffle dans le matelas le volume d’air que j’ai dans les poumons et pas plus. Jusque-là, vous me suivez.

D’après le principe de Bernouilli, quand je souffle de l’air devant moi avec ma bouche, je crée un courant d’air rapide mais avec une pression plus faible que l’air ambiant. Cette dépression aspire l’air ambiant. Donc, je déplace plus d’air que je n’en ai expiré. Vous voyez l’idée ? Il faudrait que ce gros volume d’air déplacé entre dans un matelas et je le gonflerai beaucoup plus rapidement.

Si ça n’est pas encore clair pour vous, je vous propose ma petite illustration en vidéo. Réalisée à partir d’un sac poubelle :

Vous pouvez renouveler l’expérience chez vous, c’est bluffant !

Une invention Therm a Rest, copiée et surtout améliorée par les autres marques :

Pour passer du principe à l’application, il a fallu une trouvaille de la marque leader des matelas de randonnée : Therm a Rest.

Les 1ers matelas bénéficiant de l’innovation étaient équipés non plus d’une valve, mais d’une sorte de manchon de gonflage (c’était en 2016 avec le Therm A Rest NeoAir Camper SV). Ca fonctionnait bien, mais avec 2 inconvénients : le matelas était plus lourd et tout le monde ne comprenait pas comment procéder. Un peu galère pour certains donc…

Photos de matelas therm a rest Camper SV :

Il ne fallut pas attendre longtemps pour que les concurrents s’y intéressent. Némo et Sea to summit en particulier, trouvèrent une application beaucoup plus pratique : on garde une valve avec un clapet anti-retour sur le matelas, sur laquelle on branche un sac de gonflage. C’est ce sac qu’on gonfle puis qu’on comprime avec les mains pour pousser l’air dans le matelas. Pratique, astucieux, génial !

Une petite démonstration sur un matelas Némo (les plus aboutis de ce point de vue à mon avis) :

  Les bénéfices du gonflage « Bernouilli » :

Le premier c’est de gonfler incomparablement plus vite son matelas. Selon le volume du matelas et le volume du sac de gonflage, 2 à 6 insufflations seulement sont nécessaires, à comparer aux 30-40 d’un soufflage direct dans la valve.

L’autre intérêt c’est qu’on souffle sans forcer : il n’y a absolument pas besoin de mettre de la pression, il faut au contraire souffler tranquillement. Donc, zéro effort quand on installe son bivouac.

C’est super rapide et reposant. 

 Pourquoi personne n’a eu cette idée plus tôt ?

Quand on voit l’application, ça parait bête comme choux. Et sur la base d’un principe connu de longue date, avec déjà des applications concrètes.

Alors pourquoi, cette invention n’a-t-elle pas eu lieu plus tôt ? Et bien, vous m’en demandez trop : je n’en sais rien.

En rando, il y a d’abord eu les tapis de mousse, puis les autogonflants, avant l’arrivée des gonflables légers. Peut-être que la généralisation de ces matelas a suscité des réclamations de la part de randonneurs ayant moins de coffre que vous ?

En tout cas, c’est une vraie innovation avec un véritable intérêt pour l’utilisateur. Un grand merci à l’inventeur inconnu et audacieux : c’était une idée gonflée

Islande : le trek du Landmannalaugar à Skogafoss

L’Islande ! Voici une destination que je place à mon Panthéon des terres de randonnées.

J’ai l’impression d’être aux origines de la terre. Un territoire tourmenté et sauvage où la lave semble pouvoir surgir à tout moment. Des glaciers, posés sur un sol noir, aux pieds desquels s’échappent des fumeroles ; des terres qui mélangent des couches improbables de rouges, verts, bleus, jaunes, comme en fait mon fils avec sa « peinture à main », des mousses fluo sur lesquelles éclosent de délicates fleurs blanches, des rivières d’eau chaude bien connues, des baignoires d’eaux chaudes bien cachées.

Bref, c’est le pied !

Vous aimez la fraicheur ? Vous trouvez les vents violents très tonifiants ? La pluie vous requinque ? Ça tombe bien, c’est exactement le temps qu’il fait en Islande lorsqu’il fait beau.  

En dehors de ces particularités climatiques, qu’il ne faut pas négliger, c’est un pays parfois rude mais toujours charmant.

Je vous propose ici le trek de référence qui vous mènera du Landmannalaugar jusqu’à Thorsmorsk (également appelé trek de Laugavegur), où beaucoup s’arrêtent, mais pour moi, ça vaut vraiment la peine de le prolonger d’une journée jusqu’à la mer à Skogafoss.

  Les avantages :

  • Le trek est facile d’accès en bus depuis Reykjavik (aussi bien le point de départ que l’arrivée) ; il est situé au sud-est de l’ile et peut donc se faire même si on n’a que quelques jours.
  • Il offre une énorme diversité de paysages. On en prend plein la vue. J’en rêve encore…
  • Le parcours est bien tracé, on peut au choix bivouaquer ou loger en refuge tous les soirs.

Côté difficultés :

 Côté terrain, le parcours est sans grande difficulté jusqu’à Thorsmork (sols souvent souples et dénivelés modérés). Mais il faut intégrer les points de vigilance suivants :

  • Tenir compte de la météo ; différer le départ du jour si le brouillard s’installe (gare au risque de se perdre) ;
  • Être bien équipé pour affronter tous les temps (pluie, vent, froid) : vestes et pantalon de pluie (oubliez la cape de pluie), bonnet, gants, vêtements chauds, etc… Mais aussi short (pantalon convertible plutôt) et maillot de bain
  • Intégrer qu’il vous faudra traverser à gué quelques torrents particulièrement impétueux aux eaux « saisissantes ». On cherche parfois où traverser. Prévoir des sandales d’eau.

    Attention, la dernière étape entre Thormsork et la mer est moins fréquentée et plus exposée dans sa première partie : on prend un peu d’altitude, c’est plus physique, plus exposé aux intempéries (avec de grands piquets jaunes pour se repérer en cas de brouillard) et il faut traverser quelques langues glaciaires. C’est une grosse journée. A éviter si vous n’êtes pas sûr de vous ou si la météo se gâte vraiment. Certains prévoient cette étape en 2 jours.

    C’est donc un trek de 4 à 6 jours.

    Sens du parcours : il se fait en général de la terre vers la mer, donc au départ de Landmannalaugar, avec plus de descente que de montée. Mais on peut aussi le faire dans l’autre sens et passer un peu de temps à Landmannalaugar (cf juste après).

Départ de Landmannalaugar :

     Vous ne vous sentirez pas seuls au camp de base, mais rassurez-vous la somptueuse rivière d’eau chaude est assez grande pour tout le monde. Le bain est un délice et vous pouvez vous déplacer pour choisir le meilleur endroit : chaud, bien chaud, très chaud ou un peu cuit… Les environs sont fabuleux et méritent une première balade.

Voici les 4 premières étapes « « classiques ». Elles permettent de rejoindre un refuge et dormir à l’abri ou bivouaquer ; Elles ne sont pas très longues mais il ne faut pas sous-estimer l’impact possible de la météo, les passages à gué et leur rituel déshabillage / rhabillage, le temps à admirer le paysage en produisant des « ouaouh ! ».

Etape 1 : Landmannalaugar - Hrafntinnusker

La palette de couleur la plus folle de tout le parcours. On aurait besoin d’un bon cours de géologie pour comprendre comment c’est possible. Et les obsidiennes noires qui brillent au soleil. Il y en a pour tous les goûts.

Etape 2 : Hrafntinnusker - Alftavatn 

Fumeroles, marmites bouillonnantes, mais aussi glaciers, lacs, terre noire plantée de pierres volcaniques et de fleurs improbables. Ouaouh !

Etape 3 : Álftavatn - Emstrur

Parmi les beautés du jour, un profond canyon multicolore qu’on longe en fin de parcours. Les glaciers à l’horizon. La « joie » renouvelée des passages à gué…

Etape 4 : Emstrur - Thorsmork

Aux environs de Thorsmork, le paysage change (encore) avec une végétation de bouleaux tout à fait inhabituelle, puis le lit de la riviere à Thorsmork, qui est large comme un delta de fleuve. Si vous avez le temps, de l’autre côté, il y a un canyon dont les parois verticales sont entièrement tapissées de verdures.

Dernière étape : stop ou encore ?

On peut s’arrêter à Thorsmork et reprendre le bus, ce que font beaucoup de gens. Mais cette dernière étape est somptueuse : une grande montée de 900 m avec un passage au milieu des glaciers, le col de Fimmvorduhals puis une descente le long de 900 m de cascades toutes plus impressionnantes les unes que les autres. On finit par l’énorme cascade de Skogafoss (62 m) et le bord de mer. C’est encore différent et tellement spectaculaire !

     Cela fait toutefois une grosse journée de rando et c’est plus sportif et exposé que le reste du parcours pour la première partie (montée et passage entre les glaciers avec des piquets jaunes pour repérer le chemin). Certains la font en 2 jours (ce serait au total 27 km +1100m/ -1300m). Je l’ai fait 2 fois en une grosse journée à chaque fois (il faut dire que les jours sont longs).

A vous de voir…

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