Le GR20 est souvent présenté comme la randonnée mythique de Corse, et même comme l’un des treks les plus difficiles d’Europe. Traverser l’île de Beauté du nord au sud, marcher sur ses crêtes de granite et enchaîner les étapes techniques fait rêver des milliers de randonneurs chaque année.

Mais le GR20 est aussi devenu victime de son succès. En pleine saison, les refuges affichent complet, de même que les aires de bivouac. Les sentiers peuvent être très fréquentés et l’expérience est parfois loin de l’aventure solitaire que l’on imagine en regardant les photos.

Alors une question revient de plus en plus chez les randonneurs : faut-il encore faire le GR20 aujourd’hui ? Entre trek mythique et sentier trop fréquenté, voici les éléments concrets qu’il faut savoir avant de se lancer. Chez RayonRando, nous avons aussi notre opinion, forcément plus subjective, dont nous vous en ferons part.

Le GR20 est-il devenu victime de son succès ?

Le GR20 attire chaque année des randonneurs du monde entier. Cette grande popularité a transformé l’expérience sur certaines portions du sentier au point d’approcher parfois de la saturation.

Une fréquentation très élevée en été : saturation au bivouac et sur les sentiers.

Entre juin et septembre, la fréquentation du GR20 augmente fortement.

  • Foule au bivouac :

En juillet et août, les refuges sont souvent complets plusieurs semaines à l’avance, mais les zones de bivouac peuvent également être saturées. Il en résulte un accueil dégradé, bruit, attente aux douches…

  • A la queue leu-leu sur le GR20 :

Tout le monde dormant au même endroit, et beaucoup de gens essayant de partir tôt, le sentier est encombré dès le départ le matin. Si le peloton peut s’étirer, il peut aussi y avoir des bouchons sur le parcours, du fait des différences de rythmes et des personnes qui viennent dans l’autre sens, particulièrement dans les passages délicats ou escarpé. Cela peut aussi créer des situations relativement dangereuses dans les passages délicats ou en cas de météo dégradée.

La conséquence, c’est une expérience parfois moins sauvage. L’image d’un trek isolé au cœur de la montagne corse ne correspond pas à la réalité en plein été. Pour les randonneurs qui recherchent avant tout la tranquillité et l’atmosphère paisible d’une immersion en nature, cela peut être une surprise.

Une obligation de tout réserver contraignante :

Il était déjà obligatoire de bivouaquer près des refuges. Mais depuis quelques années, la réservation à chaque bivouac est obligatoire, même pour planter sa tente. Précisons que cette obligation nous parait malheureusement normale dans une situation de saturation qui peut dégrader la nature (flore, faune, déchets), augmenter les risques d’incendies et mettre des personnes en danger.

Mais elle a des conséquences vraiment désagréables pour un adepte du trek :

  • Il faut réserver tous les hébergements bien à l’avanc.
  • Il est quasi impossible de changer une fois sur place. Si vous voulez doubler une étape trop courte ou au contraire rester sur place pour cause de mauvais temps ou de fatigue, ce n’est pas possible. En effet, vous devez annuler au moins 48 h à l’avance votre réservation (non transférable ni décalable) et prier pour qu’il reste de la place là où vous souhaitez dormir. Bref, impossible d’adapter votre parcours une fois sur le terrain.
  • Vos étapes sont donc conditionnées par les bivouacs officiels. Il n’est pas possible de les programmer en fonction de votre rythme et à vos envies (hormis en faisant 2 étapes en 1 jours).
  • Le coût du refuge, mais surtout celui du bivouac : 12 € par personne soit 24 € pour une tente de 2 personnes. C’est un prix qui parait élevé pour avoir le droit de planter sa tente et accéder aux sanitaires (là où le principe du bivouac, ailleurs, c’est la gratuité).
  • Accessoirement, si vous voulez choisir votre emplacement de bivouac, il vaut mieux arriver tôt.

Les refuges sont gérés par le parc naturel régional. Pour réserver, une seule adresse : https://pnr-resa.corsica/

Une réalité qui dépend beaucoup de la période

La fréquentation reste très variable selon les moments de l’année. En juin ou en septembre, l’ambiance peut être plus calme. Certaines étapes restent également relativement sauvages, loin des zones les plus populaires.

Malgré cette popularité, le GR20 continue d’attirer pour une raison simple : c’est une randonnée exceptionnelle.

Pourquoi a-t-on encore envie d’y aller ? Le GR20 reste une randonnée mythique

Si le GR20 fascine autant de randonneurs, ce n’est pas un hasard. Peu d’itinéraires offrent une expérience aussi complète en montagne.

Une traversée spectaculaire de la Corse

Le GR20 traverse l’île de Beauté du nord au sud sur environ 180 kilomètres. Le sentier suit souvent les crêtes et offre des panoramas impressionnants sur les montagnes corses et parfois sur la mer.

Au fil des étapes, les paysages sont très variés :

  • crêtes rocheuses
  • lacs d’altitude
  • forêts de pins et de hêtres
  • plateaux d’altitude
  • sommets avec des vues à 360°.

Cette diversité de paysages, cette alternance d’ambiances (haute montagne ou plus bucolique) contribue largement à la réputation du GR20.

Un trek sportif et engagé

Le GR20 est également connu pour son dénivelé important, avec plus de 10 000 mètres de montée cumulée sur l’ensemble du parcours. Le terrain est souvent rocheux et demande de l’attention, notamment dans la partie nord.

Pour beaucoup de randonneurs, réussir la traversée complète du GR20 représente un vrai défi.

Un trek qui reste exceptionnel

Le GR20 reste une expérience remarquable. Les paysages, le terrain technique et la traversée intégrale de la Corse en font une aventure unique en France.

Le GR20 possède aussi une ambiance particulière. Les refuges sont des lieux de rencontre entre randonneurs venus de toute l’Europe. Les soirées passées à partager un repas ou à échanger sur les étapes du lendemain font partie de l’expérience.

Pour beaucoup de randonneurs, le GR20 reste un souvenir marquant.

La difficulté du GR20 : mythe ou réalité ?

La réputation du GR20 comme l’une des randonnées les plus difficiles d’Europe est largement répandue. Mais certains randonneurs se demandent si cette réputation est parfois exagérée.

Alors, le GR20 est-il surestimé ?

Un terrain éprouvant et des passage techniques

Dans les faits, la difficulté est réelle, mais elle mérite d’être nuancée.

Le sentier comporte :

  • des passages rocheux
  • des pierriers
  • des montées raides
  • quelques sections équipées de chaînes ou de câbles.

La succession des étapes et le dénivelé quotidien peuvent également être éprouvants, surtout lorsque le sac est chargé.

Chez RayonRando, on trouve que c’est surtout la nature du terrain parfois très caillasseux qui peut être usant pour les jambes et pour l’organisme quand le soleil tape. D’ailleurs, ne soyez pas surpris : vos chaussures y subiront une usure inhabituelle.

Une difficulté parfois exagérée

Cependant, le GR20 reste un itinéraire bien balisé, bien structuré et bien documenté. Les refuges sont répartis régulièrement le long du parcours et les points d’eau sont relativement nombreux (hormis en fin de saison). Le circuit et la logistique sont donc simple à organiser. Pas mal d’étapes sont assez courtes (au point que les randonneurs aguerris doublent certaines étapes).

Pour un randonneur entraîné et habitué à la montagne, le GR20 est assez exigeant mais accessible. Le GR20 est un trek physique, mais ce n’est pas une expédition extrême.

Gare aux débutants !

Toutefois, cette réputation de difficulté peut être entretenue par certains randonneurs. Ceux qui choisissent de « faire » le GR20, par défi, comme d’autres veulent « faire » le Mont Blanc, alors qu’ils n’ont pas une solide expérience du trek en autonomie. Pour eux, l’expérience peut être réellement éprouvante et justifier la réputation du GR20.

Dans quels cas le GR20 peut décevoir

Le GR20 n’est pas forcément la randonnée idéale pour tous les profils.

Il peut décevoir si :

  • vous cherchez une randonnée isolée, avec l’impression d’être loin du monde
  • vous voulez marcher plusieurs jours sans croiser beaucoup de randonneurs.
  • Vous voulez déconnecter de la vie sociale ordinaire et trouver silence et tranquillité.
  • vous partez uniquement en pleine saison estivale
  • vous n’appréciez pas l’ambiance parfois animée des refuges et bivouacs communs.
  • Vous voulez être libre de bivouaquer où ça vous plait et d’adapter votre parcours et vos étapes à vos envies et aux conditions.

Dans ces cas-là, l’expérience peut être différente de ce que l’on imagine.

Comment éviter la foule sur le GR20

Même si le GR20 est très fréquenté, il existe plusieurs façons de profiter davantage du sentier.

Choisir la bonne période

La fréquentation varie fortement selon les mois. Juin et septembre sont souvent considérés comme les périodes les plus agréables. Les conditions restent généralement bonnes et il y a moins de monde que pendant les vacances d’été. La fréquentation est malgré tout plus élevée qu’ailleurs et vous vous exposez à l’enneigement tardif en juin et à la sècheresse en septembre.

Adapter ses étapes

De nombreux randonneurs suivent les étapes classiques proposées dans les guides. En adaptant légèrement son itinéraire par des variantes ou en combinant certaines étapes, il est possible d’éviter les groupes et d’arriver plus tôt aux refuges.

Pour identifier les étapes « officielles », consultez le site du Parc Naturel Régional https://www.pnr.corsica/fr/randonnees-decouverte/gr-20-fra-li-monti

Partir tôt le matin

Partir tôt permet de profiter du calme de la montagne. Les températures sont également plus agréables et les passages techniques sont souvent moins fréquentés. Toutefois, vous ne serez jamais  les seuls à avoir eu cette idée.

Quelle alternative au GR20 ? La Corse, bien sûr !

Vous voulez vraiment découvrir les magnifiques paysages Corse en toute tranquillité ? Faire de magnifiques randos sur l’île de beauté par des sentiers peu fréquentés ? Bonne nouvelle, c’est facile : il suffit de parcourir tous les sentiers Corse, sauf le GR20 !

Et ces sentiers sont nombreux. Il y a bien sûr les Mare à Mare et Mare e Monti, mais aussi des sentiers communaux.

Lors d’un séjour en Corse initialement prévu sur le GR20, Franck de RayonRando à dû revoir son parcours en raison d’un enneigement tardif (début juin). Résultat un parcours au départ des calanques de Piana, sur des sentiers où on ne croise personne et où on profite pleinement des paysages.

Pour tout savoir sur ces alternatives Corse au GR20, lisez notre article : « Corse, bien plus que le GR20 ».

Il est donc possible de combiner quelques portions du GR20 et d’autres sentiers largement dédaignés pour ceux qui veulent absolument faire le GR20.

Les alternatives au GR20 pour une expérience plus sauvage

Si vous recherchez un trek moins fréquenté mais engagé avec des superbes paysages, il existe bien d’autres itinéraires pas plus éloignés que la Corse.

Par exemple :

  • Le GR54 – Tour de l’Oisans et des Écrins, un trek alpin très engagé
  • Les Dolomites, des paysages fabuleux, totalement atypiques, quelques passages techniques mais bien balisés. Découvrez en plus avec notre article : Les Dolomites, c’est fantastique
  • L’Islande et le trek du Landmanalaugar, des paysages fascinants et un parcours bien tracé. Sur ce sujet, lisez notre article « Islande…. »
  • Le Selvaggio Blu en Sardaigne, un trek très engagé et sauvage.

Ces itinéraires peuvent offrir une expérience différente, mais inoubliable, et plus calme…

Conclusion

Le GR20 reste l’une des randonnées les plus impressionnantes que l’on puisse faire en France. La traversée de la Corse offre des paysages spectaculaires et un bel engagement sportif pour les randonneurs.

Mais il faut aussi accepter une réalité : le sentier est aujourd’hui très fréquenté, surtout en plein été, ce qui altère l’expérience et contraint l’organisation. L’expérience dépend donc beaucoup de la période choisie et de vos attentes.

Si vous rêvez de parcourir un trek mythique, le GR20 vaut toujours le coup. Si vous recherchez avant tout la solitude et l’immersion complète dans la nature, d’autres itinéraires en Corse ou ailleurs pourront mieux correspondre à votre idée de l’aventure.

Pour nous, chez RayonRando, trek et bivouac signifient une certaine solitude, tranquillité et peu de contraintes. Alors, on aime la Corse, mais on préfère les sentiers parallèles. Pas besoin de « faire » tout le GR20 pour pleinement découvrir la Corse. Mixer les autres sentiers et quelques portions choisies du GR20 nous parait une très bonne option.

FAQ

Le GR20 est-il vraiment la randonnée la plus difficile d’Europe ?

Le GR20 est souvent présenté comme l’un des treks les plus difficiles d’Europe, principalement en raison de son terrain technique et de son dénivelé important. Les étapes comportent souvent des passages rocheux, des pierriers et des montées raides. Cependant, cette réputation est parfois exagérée. L’itinéraire est bien balisé, les refuges sont réguliers et la logistique reste accessible. Pour un randonneur entraîné et habitué à la montagne, le GR20 est exigeant mais tout à fait réalisable avec une bonne préparation. Ayez toutefois à l’esprit que la combinaison de terrains caillasseux de chaleur peut être éprouvant physiquement.

Combien de temps faut-il pour faire le GR20 ?

Si vous respectez les étapes « officielles », la traversée complète du GR20 prend 16 jours en suivant les étapes classiques entre Calenzana et Conca. Certains randonneurs expérimentés réalisent l’itinéraire plus rapidement, en doublant les étapes. Chez RayonRando, certaines étapes nous paraissent bien courtes (surtout si on part tôt) et il est tentant dans doubler une partie, dès lors qu’on est un randonneur aguerri. D’autres préfèrent prendre davantage de temps pour profiter des paysages. Il est également possible de ne parcourir qu’une partie du sentier, par exemple la moitié nord ou la moitié sud.

Quelle est la meilleure période pour faire le GR20 ?

La meilleure période se situe généralement entre juin et septembre. En juin et en septembre, les températures sont souvent agréables et la fréquentation plus modérée. Juillet et août correspondent au cœur de la saison touristique, avec une affluence plus importante et des refuges souvent complets. Au début de la saison, il peut encore rester de la neige sur certaines sections en altitude. En septembre, les points d’eau peuvent être plus rares.

Peut-on bivouaquer sur le GR20 ?

Le bivouac est autorisé uniquement à proximité des refuges officiels. Et il est obligatoire de réserver à l’avance. Des zones dédiées permettent d’installer sa tente moyennant une participation financière. Cette organisation permet de limiter l’impact environnemental et de mieux gérer la fréquentation du sentier. Le bivouac en dehors de ces zones est interdit sur tout le GR20.

Peut-on faire le GR20 sans expérience en montagne ?

Chez RayonRando, on vous déconseille vivement le GR20 comme première expérience de randonnée en montagne. Le terrain peut être technique et certaines étapes demandent une bonne condition physique. Il est préférable d’avoir déjà pratiqué la randonnée sur plusieurs jours et d’être à l’aise sur des sentiers rocheux. Une préparation physique et un équipement adapté sont également essentiels.

Faut-il réserver les refuges du GR20 ?

Oui, la réservation des refuges est désormais obligatoire. Les places sont limitées et la demande est très forte en juillet et août. Réserver à l’avance permet d’éviter les mauvaises surprises et de mieux organiser son itinéraire. Même pour le bivouac avec votre tente autour des refuges, il est obligatoire de réserver à l’avance. Les réservations se font sur le site du Parc Naturel Régional : https://pnr-resa.corsica/

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